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Recension des Écrits Portant sur
le Phénomène Sectaire et Thèmes Connexe au Cours de l’Année 2003
Marie-Andrée Pelland
Au cours de l’année 2003, 25 documents
publiés traitent de questions liées au phénomène sectaire. Ces documents
prennent la forme de neuf livres, neuf articles, quatre chapitres de livre et
trois mémoires de maîtrise. Afin de faciliter la comparaison des documents, les
écrits sont classés de façon thématique. Cinq thèmes sont abordés :
- Information de base sur le
phénomène;
- Analyse du fonctionnement de
sectes;
- Secte et victimisation;
- Groupes religieux et comportements
violents;
- La représentation sociale de la
notion de secte.
Pour chacune des thèmes, une critique
générale des articles est présentée. Celle-ci est suivie d’un résumé de chacun
des textes.
Livres et Articles Informatifs
Deux livres recensés traitent des
intérêts pour le fantastique et le paranormal des adolescents. Ces livres
présentent une foule d’information descriptive sur des sujets aussi variés que
la spiritualité, les sectes, le satanisme et plus encore.
Influencés par le contexte social dans
lequel ces livres ont été rédigés, les auteurs transmettent deux messages
différents sur l'influence du paranormal dans la vie des adolescents.
Publié en France, le livre de Biton
(2003) se veut un outil d'information pour parents d'adolescents. Abordant des
thèmes tels que la manipulation mentale et les effets de l’affiliation à une
secte, ce livre veut conscientiser les parents aux dangers que représentent les
sectes pour leurs enfants. L'auteure décrit dans son ouvrage les processus de
recrutement utilisés par les sectes; elle définit également le processus de
manipulation mentale. Le regard que porte l'auteur sur le danger que
représentent les sectes correspond à la préoccupation de la société française
sur ce sujet. En France, les sectes sont définies par plusieurs comme un
problème social d'importance. Il faut noter que le phénomène sectaire est
souvent abordé par les médias et les instances politiques. Une loi (loi
About-Picard, 2001) a également été votée afin de
renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant
atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Dans ce contexte,
le livre vulgarise le fonctionnement des groupes afin d'aider les parents à
reconnaître rapidement chez leur adolescent la conversion à une secte.
Le livre de Coulombe (2003) a été publié
au Québec. Dans cette société, le phénomène sectaire n’est pas défini comme un
problème social d’importance. L’auteur ne définit donc pas dans son livre
l’intérêt pour le fantastique comme un problème ou encore comme le signe de
l'initiation à une secte. Le but de l’auteur est d’expliquer les raisons pour
lesquelles l'adolescent ressent un certain attrait pour le paranormal, pour le
fantastique, le satanisme et le gothique. L’auteur conclut que le goût du risque
et le besoin d’évasion motivent souvent les adolescents à s’intéresser à des
groupes ou une culture fantastique.
Quatre livres à caractère informatif
traitent de la question des sectes et de leur fonctionnement. Ces textes ont
tous été rédigés par des employés ou des militants de centres d’information sur
les sectes comme Info-Secte ou par des membres de groupes de luttes contre les
sectes (UNADFI, MILS).
Trois des quatre livres (Vivian, 2003,
Filliaire, 2003, Filliaire & Tavernier, 2003) publiés rapportent le savoir
d’expérience de leurs auteurs dans leur lutte contre les sectes en France. Bien
que leur expérience soit pertinente et qu’elles identifient, plusieurs problèmes
liés au fonctionnement sectaire, l’absence de références scientifiques donne
l’impression au lecteur que les sectes sont toutes des groupes homogènes. Cette
généralisation permet au lecteur de conclure que les sectes sont des groupes
dangereux. Ces livres ne laissent aucune place pour le doute, le questionnement,
l’étude de chacun des groupes et de leurs effets. L’on reproche souvent aux
gourous d'affirmer connaître et transmettre la vraie vérité. Il faudrait alors
dans des écrits informatifs sur le phénomène sectaire présenter de l'information
diversifiée afin que le lecteur trouve ses propres réponses et non pas
uniquement l’amener inévitablement à conclure que toutes les sectes sont
dangereuses.
Biton, Dominique (2003). Sectes et Gourous, etc.
Albin Michel
Ce livre peut être décrit comme un outil
d’information de base sur le phénomène sectaire et le fonctionnement des
groupes. L'auteur fait ressortir les éléments des sectes qui peuvent séduire
les adolescents et les inciter à se joindre à un tel groupe.
L’auteur reconnaît que la période de
l’adolescence est une étape complexe de la vie des adolescents. Les jeunes
désirent au cours de cette période être plus indépendants. Ils recherchent un
idéal. Ils se questionnent sur le sens de la vie, sur le sort de l’univers.
Ces questions peuvent influencer l’adolescent à joindre une secte ou un groupe
néfaste.
L’auteur se demande également pourquoi
certains jeunes sont parfois intéressés par les sectes. Elle conclut que parce
que certaines sectes se décrivent et se présentent à l’aide de terme ou
d’activités qui plaisent aux adolescents, les sectes peuvent devenir un lieu
d’appartenance pour les jeunes. Certains groupes ajustent même leurs modes de
recrutement afin de séduire les adolescents. Le groupe sectaire peut inclure
dans leurs discours et leurs pratiques des activités ou des croyances valorisées
par les adolescents: par exemple la sorcellerie, les sports extrêmes,
l’informatique ou la musique.
L’auteur conseille aux parents d’entretenir
un lien significatif avec leurs enfants, afin d’observer les changements de
comportement qui peuvent être synonymes de l’engagement sectaire. L’observation
chez l’adolescent d’un changement brusque dans l’alimentation, des changements
soudains dans leurs activités quotidiennes, dans leur façon de voir le monde ou
encore dans leur cercle d’amis peut parfois être le signe de l’intégration dans
un groupe sectaire. Pour l’auteur, un moyen efficace de prévenir l’adhérence à
une secte est de favoriser le développement d’une pensée critique et de
l’autonomie chez l’enfant. Dans un contexte où l’adolescent est confronté à des
groupes qui lui présentent "la vérité," il sera outillé initialement à se faire
une opinion critique.
Columbe, D. (1993). Le
fantastique religieux et l'adolescence: paranormal,
magie
satanisme,
gothique. Montréal:
Fides.
Ce livre traite de la question de l’attrait
du fantastique par les adolescents. Il aborde la question du paranormal, de la
magie, du satanisme et du gothisme. Ce livre descriptif se propose de
démystifier les différentes formes de fantastiques religieux aux parents.
L’auteur présente différentes définitions, donne des explications, émet des
hypothèses sur le fantastique et le paranormal. Il présente également un
portrait de la situation religieuse au Québec, de la situation du fantastique,
la violence, le paranormal, les jeux, le symbolisme et la magie, pour finalement
en arriver au satanisme.
Pour l’auteur, il est important de
reconnaître que tout comme leurs parents, les jeunes sont en quête de sens et de
spiritualité. Le fantastique répond pour un temps à leur quête, à leur recherche
de sens. Il permet de répondre à leurs questions sur la vie. Il stimule leur
imaginaire et le goût du sacré. Le fantastique et le paranormal suscitent
l'intérêt principalement les adolescents pour les sensations fortes qu’elle
stimule. Le contact avec le fantastique permet l’évasion du quotidien et de la
réalité.
L’auteur démontre également avec plusieurs
études scientifiques, l’inexistence d’une corrélation entre comportements
violents et l’attrait pour le fantastique. Il précise également que l’attrait
pour le paranormal ne signifie pas que les adolescents soient plus crédules que
les adultes.
Une comparaison entre les adolescents du
monde démontre que les jeunes Canadiens croient plus aux phénomènes paranormaux
que les adolescents américains ou français. Il avance
quelques hypothèses pour expliquer ce phénomène :
- Le contenu des bibliothèques scolaires
canadiennes est composé de plus de livres paranormaux que scientifiques;
- Les médias présentent souvent ce genre
d’événements sensationnels;
- Le temps réduit consacré à l’école au
développement de l’esprit critique et rationnel face aux phénomènes
paranormaux est de plus en plus réduit.
Kropveld, M., & Pelland, M-A. (2003). Le phénomène des
sectes : L’étude du fonctionnement des groupes. Montréal: Info-Secte, 161
pp.
Ce texte a pour but de présenter les
"sectes," souvent perçues comme étant en marge de la société, comme des groupes
qui sont présents dans notre vie quotidienne. Dans ce contexte, comprendre leur
fonctionnement et parfois la violence qui émerge dans certains de ceux-ci
appelle l’acquisition de connaissances sur le fonctionnement des groupes en
général. Ainsi à travers les cinq chapitres et les six annexes, le lecteur peut
s’informer sur la place des groupes dans une société démocratique; sur le
fonctionnement interne et externe des groupes ainsi que sur les problèmes
interactionnels qui peuvent s’y former. Le lecteur peut également comprendre à
travers trois exemples de fonctionnement de groupe les problèmes et la violence
qui émergent. Le texte a pour objectif de susciter des discussions et des débats
sur le phénomène.
Dans un premier chapitre, un portrait
historique de l’organisme Info-Secte, de sa création à aujourd’hui est présenté.
Ce texte retrace simultanément la compréhension acquise par l’organisme du
phénomène sectaire, les services offerts, la clientèle ainsi que les relations
entretenues entre les représentants d’Info-Secte et d’autres organisations et
groupes nationaux et internationaux. Au cours de ses vingt-quatre premières
années d’existence, Info-Secte a connu de nombreux changements. Créer
initialement sous le nom de Projet Culte en 1980. L’organisme a pour mission
d’informer les étudiants de l’université McGill et le public sur les sectes.
Elle change de nom en 1990 et devient Info-Secte. Au fil des ans, la
compréhension du phénomène sectaire s’est modifiée. Utilisant initialement les
termes secte et sectes destructeurs pour décrire le sujet de leur préoccupation,
Info-Secte reconnaît aujourd’hui que l’utilisation de ce terme peut conduire
erronément à identifier des groupes comme dangereux alors qu’ils ne le seraient
pas. Info-Secte essaie donc mieux comprendre le fonctionnement interne et
externe des groupes, plutôt que les reconnaître ou non comme des sectes.
Le second chapitre présente un résumé de la
Charte québécoise des droits et libertés et explique le rôle de la Commission
des droits de la personne et de la jeunesse. Il permet de comprendre que malgré
la protection de la liberté de religion et du droit d’association, les membres
de groupes doivent également respecter les lois. Chaque individu, qu’elle soit
ou non membre d’un groupe doit respecter les valeurs démocratiques, l’ordre
public et le bien-être général.
Le troisième chapitre est consacré à la
compréhension du fonctionnement des groupes. Ce chapitre essaie de comprendre
pourquoi les groupes sont parfois des lieux de participation sociale, de
réconfort, d’échanges, mais également des lieux d’exclusion et de brutalité
psychologique. Ce chapitre se veut une introduction aux connaissances générales
sur le fonctionnement des groupes et ses effets sur l’expérience individuelle
des membres. Les auteurs définissent les normes et s’interrogent sur l’influence
du conformiste ou de la défiance de celles-ci. Une section traite du rôle des
membres dans un groupe. Ils abordent également les relations entre les membres
et le leader et leurs impacts sur le comportement de chacun. La question du
fonctionnement externe est également traitée. Elle aborde la question des
relations entre les groupes, de la naissance de conflits et de la discrimination
intergroupe.
Le quatrième chapitre présente des exemples
de fonctionnements groupaux: celui du groupe de Roch "Moïse" Thériault, celui de
l’Ordre du Temple Solaire (OTS) ainsi que celui d’Heaven's Gate (Porte du
Paradis). Ces portraits tracent le parcours du groupe, de sa création aux
événements violents qui ont conduit à l’agression physique ou à la mort de
certains membres. Le cinquième chapitre porte sur les questions les plus
fréquemment posées aux représentants d’Info-Secte ainsi que sur les réponses
données.
Finalement, six annexes complètent le
texte. Ces annexes traitent de questions fréquemment utilisées dans l’étude du
phénomène sectaire et du fonctionnement des groupes. Les annexes abordent la
question des manipulations mentales et des processus d’influence. Elle présente
une liste de définition du terme secte et nouveaux mouvements religieux. Elle
présente les phases théoriques de développement d’un groupe ainsi que le
processus de socialisation. La dernière annexe présente une analyse de
différentes réactions gouvernementales au phénomène sectaire.
Vivian, A. (2003). Les sectes. Éditions Odile Jacob,
2003
Dans son livre, Alain Vivian, cet ancien
directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS),
expose différents problèmes liés aux sectes et observés en France.
Ce texte peut être décrit comme un ouvrage
intéressant afin de comprendre l’état de la question sectaire en France. Nous
pouvons toutefois mettre un bémol sur l’analyse que fait l’auteur des réactions
gouvernementales face aux sectes. Il analyse les réactions gouvernementales de
différents pays à l’aide de son propre cadre de référence, sans toutefois
s’interroger sur les motivations, les actions qui ont conduit certains
gouvernements à adopter une stratégie particulière.
Voici un résumé des différents thèmes
présentés.
Il aborde la difficulté de définition
juridique du terme secte. Pour cet auteur, il existe plusieurs définitions du
terme secte. Pour Vivian, certaines définitions sociologiques définissent les
mouvements sectaires uniquement comme des formes de religiosités nouvelles. Pour
l’auteur, les définitions sociologiques ne permettent pas de comprendre
l'influence des sectes sur l’intégrité physique et psychologique de leurs
membres.
L’auteur souligne également le refus des
représentants religieux français de définir comparativement la notion de secte
et d‘église. L’observatoire du comportement sectaire précise toutefois quelques
différences entre ces deux groupes:
|
Secte |
Église |
|
L’entrée dans une secte est
facile |
L’entrer dans l’Église est plus
complexe, elle n'est possible qu'à la suite d'une longue probation. |
|
la sortie de la secte est
difficile |
la sortie de l'église est
difficile |
|
Le gourou détient la vérité |
Étude des textes sacrée, leurs
discussions approfondies permettent une meilleure compréhension qui ne se
traduit pas en vérité absolue |
|
La secte a réponse à toutes les
questions |
La foi religieuse cherche les
réponses |
Jean-Pierre Morin propose la notion de viol
psychique ainsi que l’idée de créer un délit de viol psychique. Cette notion
initialement intéressante est rejetée parce que le délit de viol psychique est
difficilement identifiable. Il serait difficile de définir cette infraction. En
fait, l’auteur reconnaît qu’il est difficile d’identifier un seuil nocif de
prosélytisme menant au viol psychique. Devant les difficultés de définition
d’un tel délit, cette expression a été abandonnée.
L’auteur se demande alors si le sectarisme
est insaisissable. L’auteur ne le croit pas. Pour lui, le nombre important de
grilles d’analyse du comportement sectaire permet de reconnaître l’existence du
sectarisme. Il présente les caractéristiques d'une secte telles que présentées
par la commission parlementaire sur la question des sectes de 1999, les analyses
de Trouslard, de Monroy et de Anne Fournier. Ces deniers reconnaissent
globalement qu’une secte peut être définie par la présence d’un gourou
autoritaire et autocratique, par la présence d’une philosophie exclusiviste et
intolérante, par la présence d’une vision totalitaire du monde ainsi qu’un
détachement du membre avec ses proches.
Il retient toutefois la définition de la
Mission interministérielle de luttes contre les sectes de (1998) comme la
définition la plus complète du terme secte :
La secte est un
groupement ou une association de structure totalitaire déclarant ou non des
objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l’Homme t
à l’équilibre social.
Dans un autre chapitre, l’auteur aborde la
question de typologie des sectes. S’interrogeant d’abord sur l’idée de
dénombrer le nombre de sectes sur le territoire français, il reconnaît que cette
idée n’a qu’une utilité restreinte, puisqu’il n’existe aucun lien proportionnel
entre le nombre de sectes et la nuisance sociale causée par ces groupes.
L’auteur relate alors les tentatives de
certains auteurs de classifier les sectes par certaines de leur spécialisation,
par exemple sur la base de leurs techniques de recrutement.
Il précise alors l’effort de classification
des sectes selon leur doctrine. Par exemple l’effort pour distinguer les sectes
d'orientation nouvel âge, néopaïenne, les mouvements sataniques… Pour l’auteur,
cette stratégie ne peut être efficace puisqu’un même groupe peut présenter
différentes orientations doctrinales.
L’auteur conclu alors qu’une typologie des
sectes basée sur leurs stratégies de regroupement ou sur leur philosophie ne
permet pas de comprendre le caractère nocif de ces groupes. Il propose alors
dans le chapitre suivant de reconnaître les comportements condamnables commis le
plus fréquemment par les sectes.
Il analyse alors l’ensemble des infractions
commises par les sectes sur le territoire français entre 1990 et 2000. Voici
les conclusions de cette analyse:
- Les infractions contre les mineurs:
§
Les mineurs sont les premières victimes des
sectes. 161 affaires sur 490 portaient sur des crimes commis contre des enfants
et des adolescents. Les agressions sexuelles, le viol et l’attentat à la pudeur
sont les infractions contre les mineurs les plus fréquemment rapportées devant
les tribunaux.
§
Les mineurs sont également victimes de privations
de soins, de privations alimentaires, d’abandon.
§
Le défaut de scolarisation des enfants constitue
une autre offense dont sont victimes les mineurs membres des sectes.
- Les infractions économiques
§
Les escroqueries sont également au nombre des
infractions commises par les sectes et portées à l’attention de la justice.
- Les attentats contre la personne
§
L’irrespect de la loi informatique, la
constitution illégale de fichier, l’usurpation d’identité, le chantage, le
racket;
§
Assassinat, homicide involontaire, violence avec
armes;
§
L’atteinte à la santé des membres par l’exercice
illégal de la médecine.
Dans le chapitre suivant, l’auteur décrit
quelques méthodes utilisées par les sectes afin de se servir de la justice afin
d’atteindre leurs objectifs.
Il mentionne par exemple la stratégie de
certaines sectes transnationales de prolonger un procès afin de créer une
polémique, d’obtenir de la publicité et de se faire connaître du grand public.
Les sectes peuvent également discréditer les acteurs de la justice, avocat,
juges … Lors du procès, ils peuvent demander à leurs partisans de composer la
salle au procès afin d’influencer le jury.
Les groupes sectaires essaient également de
s’engager dans différentes institutions afin d’obtenir un certain pouvoir. Ils
utilisent également le lobbying afin d’influencer les décisions des instantes
gouvernementales.
L’auteur analyse la tendance des sectes de
se réfugier en Amérique. Dans son chapitre l’auteur comprend que par leur
histoire les États-Unis réagissent favorablement aux minorités religieuses.
Toutefois, il reproche aux politiciens américains la protection qu’ils offrent à
certains groupes sectaires transnationaux. En fait, l’auteur reconnaît que le
pouvoir politique américain a été amené par des lobbies de certaines sectes à
enquêter sur l’état du respect des libertés religieuses dans le monde. En 1999,
des fonctionnaires d’état américain parcourraient le monde afin d’analyser le
respect des libertés dans le monde. Selon Vivian, le rapport sur la base des
témoignages des représentants de sectes formula des allégations infondées contre
la France.
L’auteur note également les relations
étroites que l’ancien président Clinton avait avec l’Église de scientologie
ainsi que le président Bush avec des groupes fondamentalistes protestants.
L’auteur fait également le point sur les
réactions face aux sectes en Europe et dans le monde. Après avoir fait le bilan
des actions ou de l’inaction gouvernementale, en Belgique, en France, en
Angleterre, au sein de la communauté européenne. Il conclut qu’outre les
efforts de la France pour modifier les lois afin qu’elles permettent de protéger
les membres de sectes contre des gourous manipulateurs, les gouvernements sont
généralement négligents face aux sectes. Il note le laxisme juridique de
plusieurs gouvernements, la dérobade des religions face aux courants intégristes
ainsi que les dissertations stériles des chercheurs en sciences humaines.
Filaire, Bernard, & Tavernier, Janine. (2003). Les
sectes. Paris: Le Cavalier Bleu, 123 pp.
Paru dans la collection "Idées reçues,"
l'ouvrage développe une série de points de vue sur les sectes. Le livre est
divisé en court chapitre, une idée reçue sur les sectes est présentée dans
chacun d'eux. L’information contenue dans ce livre est appuyée par plusieurs
exemples de l’histoire de. sectes. Les auteurs ont peu recours aux écrits
scientifiques afin de démontrer leur point de vue. Les auteurs se basent plutôt
sur leur connaissance pratique du phénomène sectaire. Dans ce court livre, les
auteurs abordent spécifiquement les idées reçues concernant la question des
sectes destructrices. Voici un résumé des différentes idées reçues présentées.
Le livre débute rapidement avec une
définition critique du terme secte. Pour ces auteurs, le sens du terme secte
est piégé. Utilisé tant sur un plan sociologique ou psychologique, ce terme n’a
aucune valeur juridique. Les auteurs espèrent qu’un travail sera fait dans ce
sens, afin de distinguer entre dissidences religieuses et sectes destructrices.
Pour eux, peu de recherches permettent de distinguer les groupes aux idées
"délirantes" qui respectent les droits fondamentaux des croyants des groupes
sectaires destructeurs.
Idée reçue 1: Une religion est une secte
qui a réussi
Pour ces auteurs, les sectes destructrices
ne sont pas des religions, mais plusieurs d’entre elles utilisent des symboles
religieux afin de faciliter leur intégration ainsi que leur acceptation
sociale. Les sectes destructrices utilisent par exemple certains signes,
certaines croyances, de religions connues afin de séduire le futur adepte. Ces
derniers se sentent donc initialement familiers avec le groupe et ses croyances,
puisque le groupe utilise des symboles qu’ils connaissent.
Pour les auteurs, l’utilisation de symboles
religieux est également un atout dans les situations où une secte destructrice
connaît des démêlés avec la justice. Elle peut ainsi se présenter comme une
victime de l’intolérance religieuse. L’avantage d’utiliser une étiquette de
religion est également moral: elle donne une honorabilité et une respectabilité
qui accrochent les gens en recherche de transcendance.
Idée reçue 2: Les sectes ne touchent que
les pays riches
Dans la vie quotidienne, l’étiquette de
secte est rapidement apposée aux groupes qualifiés de bizarres, d'étranges. Pour
ses auteurs, il est important de faire preuve de prudence, il ne faut pas
devenir paranoïaque et croire que les sectes se retrouvent partout dans la
société.
Par exemple, bien que les sectes peuvent
utiliser les médecines alternatives comme voie de croyances, ceci ne signifie
pas que l'ensemble de ces médecins soit des gourous en puissance.
Afin d’aider le lecteur, les auteurs citent
13 familles de sectes, telles que décrites dans le rapport sur les Sectes et
l’argent publié par l’Assemblée nationale française en 1999.
- Les sectes alternatives: elles proposent
une organisation parallèle de notre société et de nos rapports humains
- Les sectes apocalyptiques
- Les guérisseuses
- Les néo païennes
- Le nouvel âge
- Les orientalistes des déviances du
bouddhisme
- Les pseudo-catholiques et les
pseudo-protestantes
- Les pseudo-psychanalytiques
- Les sataniques et les lucifériennes
- Les syncrétismes
- Les ufologistes ou les soucoupistes
Idée reçue 3: Les sectes sont
communautaires
Dans ce chapitre, les auteurs abordent la
question du mode de vie privilégié par les sectes. Est-ce que les sectes vivent
en communauté fermée?
Se basant sur l’exemple de différents
groupes (Témoin de Jéhovah, la scientologie, la secte de Moon, le Mandaron), les
auteurs concluent que les sectes ont compris qu’afin de recruter de nouveaux
membres, d’augmenter leurs profits et d’accéder au pouvoir, elles devaient
s’intégrer dans leur milieu. Elles devaient acquérir un statut social. Alors
même si les sectes forment des communautés, elles ne sont souvent pas
complètement fermées au monde extérieur.
Idée reçue 4: Les gourous sont des fous?
Le mot gourou vient du terme sanskrit GURU
qui signifie vénérable maître spirituel ou religieux. Un maître qui n’exige de
ses adeptes aucun signe de soumission. Le gourou enseigne et espère le mieux
pour ses élèves. Il n’est pas en quête de miracle, il aide ses élèves à
s’accepter. Pour les auteurs, les gourous de sectes contemporaines sont loin de
correspondre à cette image. Ils sont plutôt craints, aimés, adulés et admirés.
Ils sont décrits comme des sauveurs qui sont investis d’une mission divine.
Le gourou n’est pas décrit comme fou, mais
comme un être paranoïaque. Il présente également un délire d’identification à
Dieu, il se prend pour Dieu. Il désire dominer, il s’invente ainsi des pouvoirs
supra normaux. Il développe parfois un complexe de persécution, voyant toute
personne extérieure à la secte comme un danger potentiel. Certains ont des
problèmes sexuels. Les auteurs reconnaissent finalement que le gourou n’existe
pas sans la présence d'adeptes et les adeptes n'existent pas sans un leader. Il
existe une relation entre le leader et l’adepte qui permet à ses deux
protagonistes de sentir grandir, de se sentir importants.
Idée reçue 5: Pour entrer dans une
secte, il faut être faible d’esprit
Pour les auteurs, plusieurs croient
faussement qu’on "entre dans une secte." Pour eux, aucun individu ne choisit de
devenir membre d’une secte. Tout se fait progressivement. Initialement, une
personne entre dans un groupe qui correspond à ses idéaux, qui répond à certains
de ses besoins, qui lui propose un changement. Après le départ de la secte,
l’expérience initialement positive devient aliénante pour l'ex-membre. L’ancien
adepte reconnaît alors avoir été membre d’une secte.
Les personnes qui sont manipulées par un
groupe sectaire ne sont pas faibles d’esprit. Pour l’auteur, par exemple les
personnes qui ont un baccalauréat sont plus à risque de devenir membre d’une
secte, parce qu’ils sont souvent à la recherche d’un idéal. Pour les auteurs,
les sectes ciblent plus souvent les êtres en détresses pour devenir membre
Idée reçue 6: Les adeptes sont plus
épanouis dans la secte qu'auparavant
L’idée traitée dans cette section porte sur
l’effet initial que peut avoir la secte sur le membre. Dans les premiers
moments, l’adepte peut ressentir une paix, un calme intérieur et un grand
bonheur, après son initiation. Le sentiment de calme que ressent l’adepte peut
s’expliquer par les réponses que lui apporte le groupe. L’adepte rencontre un
groupe, un gourou qui lui donne accès à une nouvelle façon de comprendre sa
réalité. Les réponses que donne le groupe peuvent alors ressentir un calme qu’il
n’éprouvait pas avant son entrée dans le groupe. Pour ces auteurs, la radieuse
insensibilité des adeptes peut devenir problématique et mener à l’acceptation de
maltraitance afin d’atteindre l’idéal.
Idée reçue 7: les adeptes sont des
victimes
Pour les auteurs, les adeptes sont victimes
de manipulation mentale. Dans ce contexte, le membre peut accepter de commettre
des actes criminels. Alors qu'il n'était pas criminel auparavant, les techniques
d'influences transforment ses convictions. Des comportements considérés, comme
répréhensible avant l'entrée dans le groupe sont maintenant décrits par l'adepte
comme acceptables.
Idée reçue 8: Les sectes encouragent le
suicide
La secte offre le choix à l’adepte de
suivre ou mourir ou même parfois de suivre et mourir. En fait, le groupe commet
généralement l’assassinat moral des membres. Pour l’individu, l’ensemble des
sectes destructrices sont décrites comme dangereuse, certaine conduisant même
leur membre vers un suicide collectif.
Idée reçue 9: Les enfants sont les plus
maltraités
Les sectes instruisent les enfants en leur
transmettant une pensée dichotomique: le bien est dans la secte et le mal à
l’extérieur.
L’intégrité psychologique des enfants est
souvent mise en péril dans ces groupes. Ainsi, l’enfant se retrouve isolé, sans
lien possible avec leurs parents. Éduqué par une tierce personne, le leader
devient souvent le père des enfants du groupe. Le droit à l’intégrité physique
des enfants est souvent bafoué dans les sectes, ainsi ils n’ont souvent pas
accès à des soins médicaux adéquats, ils sont soumis à un régime alimentaire
pauvre. Parfois, le châtiment corporel peut être utilisé comme mode de sanction.
Idée reçue 10: un ancien adepte ne
retrouve jamais une vie normale
Après leur sortie du groupe, les anciens
membres vivent de nombreuses difficultés. Ils doivent faire face à la honte
qu’ils ressentent d’avoir intégré une secte. Ils doivent réapprendre à se faire
confiance. L’ancien adepte sort physiquement de la secte, mais mentalement la
philosophie du groupe influence encore sa vie. La culpabilité, l’anxiété, la
peur de représailles sont quelques-uns des sentiments éprouvés par les adeptes à
leur sortie.
Idée reçue 11: les sectes se servent des
textes religieux pour créer leur doctrine.
Pour les auteurs, les doctrines créées par
les sectes sont des produits de consommation qui ont pour but premier de séduire
l’adepte.
Les doctrines incluent souvent la notion de
cataclysme ou de catastrophe. Cette notion permet d’introduire l’idée que seuls
les membres du groupe survivront à l’apocalypse.
Parfois, les sectes peuvent utiliser des
textes sacrés. Par une lecture fondamentaliste de ces derniers, elle peut
manipuler l’adepte à faire certains choix ou à adopter certains comportements.
Idée reçue 12: les sectes parlent
d’amour
L’amour est utilisé comme un outil de
manipulation dans les sectes. Pour les auteurs, la notion d’amour prend un autre
sens dans les sectes: l’amour doit être exclusif au gourou. L’amour physique est
parfois partagé avec le leader voire avec les autres membres du groupe. Au nom
de l’amour, les membres acceptent parfois même que les enfants soient violés.
Idée reçue 13: les sectes répondent aux
grandes questions de la société
Pour les auteurs, les sectes possèdent une
réponse à toutes les questions. Elles développent des explications à toutes les
questions, peu importe qu’elles portent sur la criminalité, la citoyenneté, le
racisme, la drogue, la corruption, la guerre, le travail ou la famille, les
sectes possèdent les "vraies" réponses.
Idée reçue 14: les sectes sont
apolitiques
Pour les auteurs, les sectes se décrivent
souvent comme apolitique, sans sympathie pour un parti politique ou un autre.
Pourtant nombreuses sont celles qui ont le projet de former des gouvernements
mondiaux. Prônant la théocratie, certaines sectes aspirent à diriger le monde
Idée reçue 15: but premier des sectes:
l’argent
Pour les auteurs, quelques-unes des sectes
aux ramifications internationales vivant sur le territoire français n’ont qu’un
désir, celui de devenir une puissance économique. Le pouvoir financier des
sectes est toutefois acquis au coût de diverses infractions au code du travail
ou au code de la sécurité sociale. Les sectes ne sont pourtant pas des
organisations mafieuses. L’argent amassé vise à promouvoir l’idéologie du
groupe, la démarche spirituelle des membres.
Idée reçue 16: Les lois sont
impuissantes contre les sectes
Cette proposition est fausse selon les
auteurs, puisque le pouvoir public français dispose de lois pour réprimer les
actions frauduleuses des membres:
- Article 313-4: qui sanctionne l’abus
frauduleux de l’état d’ignorance ou de situation de faiblesses des mineurs;
- Article 225-13: le fait d’obtenir les
services gratuits d’une personne en abusant de sa vulnérabilité ou de sa
situation de dépendance;
- Article 225-14: le fait d’obtenir la
soumission d’une personne en abusant de sa vulnérabilité ou de sa situation de
dépendance.
Tavernier, Janine. (2003). 20 ans de lutte contre les
sectes. Paris: Éditions Michel Lafond, 238 pp.
Ce livre informatif est l’œuvre d’une
militante de l’UNADFI. Après vingt ans de lutte contre les sectes, Janine
Tavernier trace un portrait des caractéristiques souvent présentes dans un
groupe sectaire. Elle nous transmet son savoir d’expérience auprès des anciens
membres, en se basant sur de nombreux exemples. Voici donc un résumé des
principales conclusions de l’auteure..
Pour l’auteur, la structure hiérarchique de
la secte est rassurante pour les nouveaux membres qui ont perdu leurs repères.
Dans le but d’accéder à une position valorisante et importante dans la
hiérarchie du groupe, l’adepte se soumet au leader. L’adepte comprend que la
moindre déviance aura pour effet de compromettre son cheminement dans le groupe.
L’auteur décrit le gourou comme un
illusionniste, une personne qui n’hésite pas à utiliser différentes techniques
afin de manipuler les adeptes. Elle relève dans ce sens l’utilisation
d’hologrammes par Jo di Mambro, afin de convaincre les membres de l’Ordre du
Temple Solaire qu’il communiquait avec les Êtres supérieurs.
Les sectes se définissent souvent comme des
victimes de persécution sociale. Parfois, certains groupes croient même être
surveillés par de nombreuses instances internationales. Lorsque les membres de
la secte se reconnaissent au cœur d’un complot ou d’une enquête, ils se sentent
valorisés par ces événements. Ainsi, ils se définissent comme membre d’un
groupe important dans l’échiquier mondial.
Pour l’auteur, les sectes utilisent le
religieux afin de séduire leurs membres. Il présente aux futurs membres une
nouvelle vision du monde à l’aide de références connues. Le futur membre se sent
alors rassuré par les éléments familiers et stimulé par les éléments nouveaux.
Pour l’auteur, une secte doit
nécessairement être définie comme un groupe dangereux. Certaines sectes portent
atteinte à l’intégrité physique de leurs membres en promettant la santé. Sous le
statut de guérisseur, elles endoctrinent des membres désespérés à trouver une
solution à leur problème de santé, peu importe la maladie, les leaders de sectes
ont la solution. Dans ces groupes, les membres doivent parfois se soumettre à
un régime alimentaire restrictif. La secte affaiblit donc le corps afin de
domestiquer l’esprit.
Les sectes développent souvent leur propre
langage, elle transmet aux membres un code de connaissances qui a pour effet de
créer une rupture avec la société existante.
La secte se présente toujours de manière à
séduire le membre potentiel. Le groupe essaie dès le début de l’engagement de
la personne dans le groupe de l’endoctriner et de la dominer.
Dans le discours du leader, l’argent est
décrit comme un moyen de prouver l’amour des adeptes envers le leader. L’argent
est une ressource nécessaire à la survie du groupe, il permet de poursuivre la
transmission du message.
Pour l’auteure, les enfants sont des
membres importants des sectes. Ils sont faciles à manipuler, ils sont
silencieux et ils assurent la pérennité du groupe. L’éducation des enfants dans
le groupe est souvent enracinée dans des pratiques nocives pour l’intégrité
physique, intellectuelle et psychologique des enfants. Par exemple, la
séparation systémique de l’enfant et de ses parents, l’éducation sexuelle
imposée, le refus d’intervention médicale sont autant de pratiques qui mettent
en danger la sécurité des enfants.
Pour l’auteure, tout groupe totalitaire est
porteur de violence. La criminalité est fréquente dans les sectes, puisque pour
eux seule la loi de Dieu ou du leader existe. Les infractions au Code pénal
importent peu puisqu’elles sont approuvées par une instance supérieure.
Analyse du Fonctionnement d’un Groupe Sectaire
Trois groupes différents ont été le
sujet d’étude de cinq documents. Le groupe Raëlien, l’Église de scientologie et
les Témoins de Jéhovah.
L’année 2003 peut être décrite comme
l’année médiatique des Raëliens. Dès janvier de cette année, ce groupe faisait
la manchette des journaux avec l’annonce de la naissance du premier bébé cloné.
Le fondateur du groupe fut même interviewé par CNN, Larry King et des
journalistes de la BBC. Sans mettre de l’avant le côté sensationnalisme du
groupe, Bisaillon (2003) présente une étude descriptive bien documentée du
groupe. Il retrace ainsi l’évolution du groupe et sa philosophie. Ce livre est
une source d’information intéressante sur ce groupe.
Bisaillon, Martin. Enquête sur le mouvement raëlien.
Montréal: Éditions Les Intouchables.
Ce livre est le résultat d’une enquête
réalisée par Matin Bisaillon, un journaliste québécois. L'analyse approfondie
des écrits du groupe, de documents ministériels, d’articles de journaux ainsi
que d’entrevues permet à l'auteur de décrire en détail l'histoire de groupe et
sa philosophie. Dans les paragraphes qui suivent, vous trouverez donc un résumé
de l’information dans ce livre.
La vie de Claude Vorilhon avant de devenir Raël
Pour les membres des raëliens, Claude
Vorilhon est né le 25 décembre 1945. Fils de Iahvé et d’une mère terrienne, il
est le demi-frère de Jésus. Pour l’auteur, cette version de la naissance de
Claude Vorilhon est contradictoire avec les données factuelles. Ainsi, Claude
Vorilhon est né le 30 septembre 1946 dans la ville d’Ambert en France. Fils
illégitime d’un juif alsacien, il est élevé par sa mère, sa tante et sa
grand-mère.
À l’âge de 15 ans, il quitte Ambert pour
Paris. À cette époque, il change de nom, Claude Vorilhon devient alors Claude
Celler chanteur. Il essaie alors de percer dans le domaine de la chanson, il
obtient toutefois peu de succès. Après, le suicide de son agent, il redevient
Claude Vorilhon et se lance dans le journalisme. À cette époque, il épouse une
jeune infirmière avec laquelle il aura deux enfants.
Entre 1970 et 1971, il travaille dans un
journal automobile de Dijon. Se passionnant pour la course automobile, il
décide de fonder son propre journal AutoStop. En 1973, la crise du pétrole et
l’interdiction du gouvernement français de tenir des courses automobiles et des
rallyes obligent Vorilhon à cesser la publication de la revue.
La révélation: la fondation de la doctrine
Vorilhon devient Raël le 13 décembre 1973,
peu de temps après la fermeture de la revue de sport automobile qu’il avait mise
sur pied. Il se rend alors en Auvergne ou il rencontre des extra-terrestres.
L’un d’eux, lui révèle que les hommes ont été créés par les Élohim dans les
laboratoires. L’un des extraterrestres confie une mission à Vorilhon: celle de
raconter aux hommes sa rencontre avec les extra-terrestres et assurer la
transmission de leur message.
Vorilhon raconte donc à qui veut l’entendre
que les hommes on une mission, celle de réagit au message des Élohim. Cinq jours
après cette rencontre, les Élohim dictent un message à Vorilhon, il rédige alors
le premier livre de la philosophie raëlienne. Ils ont confié à M. Vorilhon que
les Élohim avaient créé la terre il y a 25 000 ans. Créant d’abord les animaux,
ils ont ensuite créé des hommes à leur image. Les différentes ethnies
correspondantes à des équipes différentes de créateurs Élohim.
Les Élohim expliquent à Vorilhon
l’importance de la géniogracie, c’est-à-dire la création d’un gouvernement
mondial constitué de génies qui décideront du sort du monde entier.
Selon des entrevues avec des amis d’enfance
de Claude Vorilhon, il aurait rédigé son premier livre sur les Élohim dans un
bistro. Il décide après plusieurs discussions avec ces amis de rédiger son
histoire et de le faire circuler. Selon eux, Vorilhon n’aurait pas rencontré les
extraterrestres.
Le 13 mars, 1974, Vorilhon est invité à
participer à une émission de télévision afin de discuter de son "expérience"
avec les extra-terrestres. Après son passage, il reçoit des milliers de lettres
de personnes qui croient en son histoire. Ce passage à la télévision marque le
début du groupe.
En 1975, il fonde le Mouvement pour
l’accueil des Élohim créateurs de l’humanité en laboratoire (MADECH). Le 31
juillet 1975 , il reçoit une seconde visite des extraterrestres et il écrit un
second livre. Il déménage alors à Périgord, où il reçoit la visite de gens qui
veulent rencontrer Raël. Le 5 juillet 1975, il quitte le MADECH.
Le 7 octobre 1975, il reçoit une autre
visite des Élohim, ces derniers lui dicteront le fondement que devra prendre
l’autorité morale de Raël sur les personnes qui décideront de le suivre.
La consolidation du groupe
Dans ce chapitre, l’auteur décrit la visite
de Raël avec les Élohim et il présente certaines règles qui gèrent la vie dans
ce groupe.
Le 7 octobre 1975, Raël raconte avoir
visité les Élohim. Au cours de cette rencontre, il apprend qu’il aura accès à
la vie éternelle. Lors de cette visite, il dîne avec d’autres humains
extraordinaires tels que Jésus, Moïse, Mahomet... Après le repas, il est conduit
dans une chambre où un Élohim lui fabrique six femmes qui répondront pour la
nuit à ses moindres désirs. Lors de cette visite, son cerveau est branché à un
ordinateur, il devient alors l’homme le plus intelligent du monde. Raël apprend
également que les personnes qui le suivront seront accueillies au pays des
Élohim.
Au cours de ce voyage, Raël reçoit les lois
qui devront guider sa vie et celles des membres de son groupe sur terre. Il
promet un monde meilleur à ses membres par l’établissement de la géniocratie, le
monde dirigé par des génies. Il encourage également ses membres à faire don de
leurs biens au groupe au moment de leur mort. Pour l’auteur, ces règles sont les
premiers signes de dérives du groupe.
L'expansion du groupe
En 1977, la corporation canadienne du
mouvement raëlien est fondée à Montréal (Québec) ainsi que le mouvement raëlien
international à Genève.
À la même époque, Raël crée une fondation
au Liechtenstein, celle-ci a pour mission de percevoir les droits d’auteurs des
livres rédigés par Raël ainsi que de subvenir à ses besoins. En 2002, cette
fondation déménage à une adresse secrète pour la plupart des membres.
En 1977, Raël publie un livre intitulé
"Géniogracie." Il expose alors son programme politique. L’auteur le qualifie
de totalitaire.
En 1979, Raël publie "Accueillir les
extra-terrestres." Un livre qui annonce la fin du monde par la guerre atomique.
Dans ce dernier livre, Raël se prononce également sur l’éducation des enfants.
Il précise que la violence dans le monde disparaîtra quand les hommes jouiront
pleinement de leur sensualité. La théorie de la sensualité vient donc d’être
créée. Dans ce contexte, les enfants du groupe doivent être éduqués à la
sensualité, ils doivent apprendre comment obtenir et donner du plaisir. Le livre
ne spécifie toutefois pas comme les parents doivent procéder pour éduquer leurs
enfants à la sensualité.
En 1980, Raël publie un livre sur la
"Méditation sensuelle." Selon Raël la méditation sensuelle permet de repousser
les limites imposées par la société.
Dans les années 90, le groupe se lance dans
un mouvement de provocation au Québec, afin disent-ils de séduire les
adolescents. En 1994, le groupe obtient au Québec le statut de corporation
religieuse, il devient donc l’Église Raëlienne.
En 2002, Raël est publié pour la première
fois par une maison d’édition québécoise. Il crée également la revue contact
publiée également aux éditions Québécor.
Clonaid
Le clonage est à la base de la philosophie
du groupe. Raël explique d’ailleurs qu’un jour il sera possible de transférer le
cerveau d’un être humain dans son propre clone. Ainsi, un homme de soixante ans
pourra retrouver son corps de 18 ans tout en conservant son intelligence et son
expérience.
Neuf jours après le clonage de la brebis
Dolly, Clonaid est crée par Brigitte Boisselier. De 2000 à 2002, des jeunes
femmes sont présentées à la presse comme de futures mères porteuses. Clonaid
est finalement financé en juin 2001 par un riche américain. Il finance le
Clonaid, afin que le groupe clone son fil décédé. Il investit plus de 500 000
us dans ce projet. En août 2001, cet homme se dissocie de Mme Boisselier
trouvant que cette dernière recherchait trop l’attention des médias. Le 28 mars
2001, Claude Vorilhon et Brigitte Boisselier rencontrent le sénat américain afin
de discuter de clonage.
Le 27 décembre 2002, Brigitte Boisselier
annonce la naissance du 1er bébé cloné. L’effet de cette annonce
propulse le groupe en première page des journaux partout dans le monde. En deux
jours, le site Internet du groupe attire un million et demi de visiteur. Pour
Raël, Clonaid est devenu l’outil par excellence de transmission de son message.
La famille et les enfants dans le Mouvement Raëlien
Dans ce chapitre l’auteur aborde la place
et le sens des enfants et de la famille dans le mouvement Raëlien.
Pour Claude Vorilhon, les jeunes doivent
avoir une liberté d’agir et de penser sur le plan sexuel, politique et spirituel
dès l’âge de 14 ans. L’éveil de la sexualité de l’enfant est important dans la
philosophie du groupe. L’éducation sensuelle doit être à la base de
l’éducation. Raël se défend bien de valoriser le comportement pédophile. Afin de
s’éloigner de cette image, il fonde en 2001 un site Internet qui encourage la
dénonciation des prêtres catholiques agresseurs sexuels.
Pour Raël, les enfants doivent être perçus
aux yeux de leurs parents comme un objet d’épanouissement réciproque. Dans
cette logique, un parent vit avec ses enfants dans la mesure où il favorise son
épanouissement.
La géniocratie
Dans ce chapitre l’auteur aborde le concept
de géniocratie et son utilisation par Raël.
La géniocratie propose de réformer la
constitution des gouvernements du monde afin que seuls les êtres géniaux
dirigent le monde.
La philosophie du groupe: une copie !
L’auteur introduit
l’hypothèse selon laquelle Raël aurait plagié son premier livre sur l’œuvre de
Jean Sendy intitulé "La lune clé de la bible" publié chez Gallimard.
L’autre visage des raëliens
Pour l’auteur, le but premier de
l’existence du groupe est économique. Pour l’auteur, le discours de Raël est
d’abord orienté vers la recherche de profit. Ainsi, le groupe vend une quantité
importante de produits (livres, médaillons). Dans les écrits du groupe, l’achat
de livres ou de produits dérivés est décrit comme un acte d’amour envers Raël.
Un geste qui permet au leader de vivre. Afin d’augmenter les profits du groupe,
Raël déclare même dimanche jour de diffusion, jour où les membres se rendent sur
la place publique pour vendre ses œuvres. Les jours de diffusion ont également
un autre objectif, celui d’encourager la ferveur des membres, plus ils sont
convaincus, plus ils s’investissent dans le groupe.
L’attention médiatique est une autre
obsession du groupe. Ainsi dans la revue du groupe, un résumé des interventions
médiatiques est fait. Raël se dit victime des médias, il affirme que les
journalistes sont manipulés. Pourtant, il se sert bien des médias. Il parvient
même à être reçu à l’émission de Larry King à CNN.
L’orgueil est un terme important dans
l’organisation raëlienne, ainsi lorsqu’un membre remet en question le groupe, la
philosophie ou Raël, il est rapidement décrit comme orgueilleux. Un membre trop
orgueilleux pour transmettre le message est rapidement exclu du groupe.
Les anges
Depuis le 13 décembre 1997, Raël crée
l’ordre des Anges, une organisation de femmes dévouées qui a pour mission de
servir Raël.
La paranoïa du leader
Depuis peu, Raël croit être surveillé par
les services secrets. Il exige ainsi une soumission totale de ses membres afin
de prévenir toute forme de fuite.
Renard, J.-B. (2003). Le mouvement raëlien: les raisons d'un
succès. Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. 3,
2. 116-131.
Le groupe Raëliens est l’un des rares
groupes "soucoupistes" à avoir survécu au passage du temps. L’auteur analyse le
fonctionnement du groupe afin d’identifier les facteurs qui expliquent la
pérennité du groupe.
L’auteur identifie trois facteurs qui ont
fait le succès du groupe: la doctrine, le leader charismatique, la créativité
sociale permanente.
La doctrine
Pour l’auteur, deux éléments particuliers
de la doctrine séduisent les membres, le créationnisme extraterrestre et
l’éthique morale du groupe.
Le créationnisme extraterrestre défend une
vision athée de l’univers. Il explique que les hommes ont été créés par des
extraterrestres en laboratoire. Raël rejette ainsi dans sa doctrine l’origine
animale de l’humanité. Raël interprète même la bible en fonction de cette
croyance. Ainsi, il explique par exemple que les trompettes de Jéricho étaient
une arme ultrason.
L’éthique morale du groupe séduit de
nombreux nouveaux membres. Le groupe prône ainsi une fraternité libertaire. Le
but de la fraternité libertaire est de supprimer l’agressivité par
l’épanouissement de l’humanité.
Le leader charismatique
Pour l’auteur, la personnalité
charismatique de Raël peut expliquer la pérennité du groupe. Il précise
toutefois que le charisme de Raël n’est pas inné, mais le produit d’une
construction sociale des membres importants du groupe. Il explique que le mythe
construit est le résultat des efforts des membres les plus importants du groupe
Raëlien. Ils ont progressivement créé un culte de Raël. Ils ont également
introduit un système complexe de relation qui rend Raël inaccessible aux
nouveaux membres. Raël est perçu par les membres comme un médiateur capable de
résoudre les crises sociales et personnelles vécues par les membres.
Une créativité sociale permanente
Pour l’auteur, les membres maintiennent
leur appartenance au groupe en raison des activités diverses et fréquentes du
groupe, des activités de prosélytismes qui consolident le lien des membres au
groupe.
En conclusion, l’auteur présente sans
comparer avec son analyse l’étude de Palmer (1999). Cette dernière reconnaît
cinq facteurs qui expliquent le succès de l’Église Raëlienne :
- Le mouvement obtient un certain succès
au Québec parce qu’il arrive à remplacer l’église catholique dans la vie de
certains membres;
- Il rejette Dieu et l’Ancien Testament;
- Il permet de vivre une sexualité libre
de toute contrainte;
- Le créationnisme athée est une doctrine
qui attire de nouveaux adhérents;
- Le groupe permet l’identification à un
homme nouveau qui incarne les valeurs postmodernes.
Palisson, Arnaud. (2003). Grande enquête sur la
scientologie: Une secte hors la loi. Lausanne: Editions Favre SA, 263 pp.
Ce livre est le résultat d’une étude de
doctorat de droit privé et de sciences criminelles. La thèse de doctorat de
Palisson a pour objectif de comprendre le fonctionnement du groupe de Lafayette
Ron Hubbard, l’Église de Scientologie. Après l'analyse de documents internes du
groupe, de leur philosophie et après l'analyse d'une entrevue avec un ancien
membre, l'auteur conclut que l'intégration d'un nouveau membre au groupe
entraîne la commission d'activités criminelles répréhensibles. Au nombre de ces
activités, notons l'exercice illégal de la médecine, l'escroquerie aggravée et
la séquestration.
Dès les premières rencontres d’intégration
d’un nouveau membre un crime est commis, celui de la pratique illégale de la
médecine. Le nouveau membre nommé "Préclair" a pour mission d’étudier et de
comprendre rapidement les écrits du fondateur Ron Hubbard. Devant la quantité de
matériel, le membre est généralement incapable d’assimiler et de comprendre
l’information contenue dans ces nombreuses publications. Dans cette situation,
la personne responsable de la supervision de ce nouveau membre pose alors un
diagnostic. Elle conclut que l’incapacité du membre est le résultat d’une
accumulation importante de résidus toxiques. Elle ordonne alors au "préclair" de
s’inscrire à un programme de purification. Par ce geste, le superviseur a
formulé un diagnostic et prescrit un traitement sans être médecins. Cette
infraction est passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende en
France.
Dans son cheminement au sein de l’église de
scientologie, le membre doit purger son physique pour ensuite purifier son
mental. L’auteur décrit le processus de purification mentale comme une
escroquerie, une tactique utilisée par le groupe afin de soutirer de l’argent
aux membres. La purification mentale débute avec la passation d’un test de
personnalité. L’analyse de ce test entraîne l’identification de troubles de
personnalité. Pour enrailler ces problèmes de personnalités, des cours sont
offerts au membre. Ces formations lui permettront de se distinguer des mortels
et de régler leurs troubles de personnalité. Lors de ces formations, l’élève
doit acheter des livres, des appareils qui l’appuient dans son processus de
transformation. Pour l’auteur, ces manœuvres utilisées pour persuader la
personne de suivre différent cours sont frauduleuses. Pour l’auteur, cette
infraction est passible de sept ans d’incarcération en France. Dans le processus
d’inscription à des cours dans l’église de scientologie, il y a donc escroquerie
parce que les cours prescrits par le groupe ont d’abord un but lucratif. Par
exemple, l’électromètre que doit acheter le membre
n’est en fait qu’un galvanomètre, un outil qui ne peut en aucun temps avoir pour
fonction de mesurer l’état mental d’une personne.
Dans un troisième temps, Palisson reconnaît
que l’intégration d’un membre dans l’organisme "Sea Org" entraîne la commission
d’infractions diverses. Après l’étape de la purification, le membre doit
prendre part à un processus de progression spirituelle. Lors de cette démarche,
la personne apprend qu’il est recouvert de "Thétans," des parasites
extraterrestres. Pour éliminer la présence de ces derniers, la personne doit
traverser huit stades qui lui permettent de s’élever au dessus des humains, des
êtres supérieurs. Au cours de ce cheminement, le
membre doit se soumettre à une discipline extrême. À la moindre déviance aux
normes de "Sea Org" le membre est sanctionné. L’adepte peut par exemple être
enfermé contre son gré pendant des semaines subir différents types
d’humiliations. L’auteur conclut en disant que l’enlèvement de plus de sept
jours d’une personne et sa séquestration sont des actes passibles de vingt ans
de prison en France.
UNADFI. (2003). Qui sont vos ancêtres? Adam ou Cro-Magnon?
Lucy ou Eve? Les Témoins de Jéhovah et la théorie de l'évolution. La cage des
sectes. Bulle n.80.
Pour les Témoins de Jéhovah, l’homme a été
créé par Dieu il y a plus de six mille ans. Ils rejettent radicalement la
théorie de l'évolution qui explique que le singe est l’ancêtre de l’homme. Pour
le groupe, cette explication est mensongère et satanique.
L’UNADFI constate que les dirigent des
Témoins de Jéhovah sont contrariés par les recherches scientifiques qui
remettent en cause une lecture strictement littérale du récit de la Genèse et,
par-là, de la Bible dans son entier.
Afin d’éviter que les membres du groupe
soient séduits par la théorie de l’évolution, la société Watchtower publiée
régulièrement des livres pour dénigrer cette théorie. Ils ont publié récemment,
"La vie: Comment est-elle apparue? Évolution ou création."
Selon l’analyse de l’UNADFI, de nombreuses
citations et informations contenues dans le livre sont erronées.
Le groupe cite en autre Francis Hitching et
son livre, Le cou de la girafe. Ils le présentent comme un chercheur
connaissant qui critique la théorie de l’évolution. Dans les faits, cet homme
serait plutôt un auteur de scénarios de TV et n'aurait aucune formation
scientifique.
Pour l’UNADFI, il est inquiétant d’observer
que les Témoins de Jéhovah utilisent ce livre comme un ouvrage d’enseignement
destiné à persuader les membres et les futurs membres de la véracité des
préceptes du groupe.
Encore plus inquiétant selon l’UNADFI, les
témoins de Jéhovah utilisaient jusqu’à tout récemment ce livre afin de recruter
des adolescents, en demandant à leurs enfants de présenter le document aux
autres élèves.
UNADFI (2003). Le grignotage jehoviste. Bulle 79: Discerner
les dérives sectaires..
Dans cet article, l’auteur explique comment
les Témoins de Jéhovah utilisent certaines dispositions de l’état par exemple
des exonérations financières afin d’obtenir un statut dans la république. Pour
l’auteur, le groupe utilise ces avantages afin de faire valoir, afin d’être
reconnu comme un groupe religieux. L’auteur reconnaît six éléments stratégiques
utilisés par le groupe:
- Présenter une image de citoyen
exemplaire, démontrant ainsi la différence entre les principes moraux rigides
du groupe et la permissivité présente dans la société;
- Obtenir une exonération fiscale de
tribunaux administratifs afin de contourner les exigences du Ministère de
l’Intérieur;
- Obtenir l’accès des membres à une
assurance-santé et une assurance de vieillesse de l’état;
- Prétendre être reconnu par l’État;
- S’associer avec des personnalités
connues comme des spécialistes de grandes religions;
- Trouver du soutien auprès de
gouvernement étranger, afin que ce dernier influence le gouvernement français.
L’auteur présent également une liste
d’infraction commise par les Témoins de Jéhovah.
L’exploitation des mineurs
Les témoins de Jéhovah imposent aux mineurs
de nombreuses heures de colportage, des heures d’études doctrinales, ainsi que
la fréquentation de la salle du royaume. L’horaire chargé des jeunes membres
minimise les relations avec les non membres. Elles les isolent de la société.
§
Le refus de transfusion sanguine condamne certains
jeunes à une mort potentielle;
§
L’interdit de transfusion sanguine;
§
L’interdit de transfusion sanguine fait plusieurs
victimes.
Depuis le 4 mars 2002 la loi Kouchner
précise qu’une personne peut refuser un traitement médical si elle donne son
consentement libre et éclairé aux autorités médicales.
L’UNADFI précise toutefois que la loi
Picard-About du 12 juin 2001 définit les circonstances où un consentement ne
peut être libre et éclairé. Le consentement n’est ni libre ni éclairé lorsque
s’exercent sur la personne des pressions graves et répétées, qui créent un état
de sujétion psychologique ou physique. Le consentement ne peut être éclairé
lorsque la personne est influencée à l’aide de technique à adopter un
comportement. Enfin, le consentement ne peut être libre ou éclairé lorsque le
groupe dont elle est membre essaie de créer une sujétion psychologique et
physique.
Pour l’UNADFI, les nombreuses pressions
dont sont victimes les témoins de Jéhovah ne permettent pas aux médecins
d’obtenir leur consentement libre et éclairé. Les pressions peuvent être
religieuses, par le biais d’explications médicales formulées par le groupe, par
des pressions familiales, des proches qui rappellent la menace d’être exclue.
Dans l’article, l’auteur essaie également
de démontrer que les Témoins de Jéhovah sont un groupe sectaire. Il note dans
ce sens:
- L’approche dogmatique prônant le refus
de transfusion sanguine;
- L’isolement des enfants de la société
française;
- Le refus de certaines formes de
participation sociale comme le refus d’accomplir son service militaire ou le
refus de voter;
- L’attitude discriminatoire des membres
envers les femmes du groupe;
- La construction des communautés en forme
de micro société où un système de justice existe et punit les membres
déviants;
Pour l’UNADFI, le groupe des Témoins de
Jéhovah est bien une secte, malgré l’affirmation du contraire par plusieurs
scientifiques.
Groupe Sectaire et Victimisation
Huit articles traitent de la
victimisation observable dans les groupes sectaires. Le traitement des membres
sortant, le processus de diminution des capacités cognitives, les risques de
victimisation dans les groupes hystériformes sont quelques-uns des sujets
traités. Trois auteurs reformulent sous des termes différents que ceux de
persuasion coercitive l’expérience sectaire. Ils permettent au lecteur de
concevoir sous un autre angle l’expérience sectaire
Le livre de Nathan et Swertvaegher (2003)
traite de la question du traitement des membres sortant de sectes ainsi que de
la position des thérapeutes dans les sociétés modernes. Après l’analyse
approfondie du récit d’expérience d’ancien membre, ces chercheurs décrivent
l’expérience sectaire comme un processus de capture de l’âme. Ainsi, le groupe
par la promesse d’une initiation, d’une transformation, influence le membre à
joindre leur groupe. Une fois intégré au groupe, l’adepte engage son âme dans
des pratiques sociales qui organisent sa vie quotidienne.
Dans ses échanges la dépendance du membre s’installe.
Allanic (2003) propose également une
conceptualisation pour expliquer le charme exercé par la secte. Il compare
l’envoûtement à la secte à la rencontre mythique d’Ulysse avec les Sirènes.
Pour, l’auteur, la promesse de l’omniscience, d’un bonheur éternel proposer tant
par les Sirènes dans le Conte que par les sectes entraînent une régression à un
point tel que sous l’effet de l’envoûtement, la personne ne reconnaît plus la
présence des autres. La personne à l’illusion que la réalité n’existe plus.
Ainsi, les problèmes vécus avant l’engagement dans la secte disparaissent.
Nathan, T, & Swertvaegher, J.C. (2003). Sortir d'une
secte. Paris: Les empêcheurs de penser en rond/Seuil.
Les auteurs, l’un professeur de psychologie
à l'Université Paris VIII et l'autre psychologue travaillent au centre Georges
Deveraux. Ils animent une équipe de recherche thérapeutique qui a créé un
protocole de traitement pour les « sortants de secte ». Se basant sur leurs
expériences cliniques, sur l’analyse du discours de membres sortants, ils
tentent d’expliciter l'impact de la secte sur une personne.
Dans la première, partie du livre intitulée
« Regards cliniques sur une expérience clinique au bénéfice des sortants de
sectes », les auteurs présentent une série de récits d’anciens membres de
groupes sectaires. Ils formulent une série de conclusion sur leur expérience.
Après le départ d’une secte, le quotidien
peut devenir souffrant pour l’ancien membre. La perte de confiance en soi peut
être telle qu’un ancien membre a de la difficulté à formuler une opinion, un
jugement, à faire un choix.
Les croyances véhiculées par le groupe
peuvent avoir une influence sur la vie quotidienne de la personne, et ce, même
si elle reconnaît avoir été victime de manipulation mentale, dans le groupe.
L’adhérence à une secte se produit dans un
contexte où le groupe promet au futur membre une transformation. Pour les
auteurs, la décision de quitter une secte est souvent liée à la conviction que
le groupe ne respectera pas ses promesses initiales. Le membre se sent berné
par le groupe. Les anciens membres éprouvent donc souvent de la difficulté à
s’engager dans un groupe ou un processus thérapeutique après leur sortie parce
qu’ils ont peur de faire preuve de crédulité.
Les auteurs reconnaissent que les personnes
qu’ils rencontrent éprouvent une grande difficulté à s’impliquer dans un projet,
à se décider. Les membres sortants sont effrayés par leur crédulité.
Les demandes des participants
Les membres sortants qui participent à la
recherche sollicitent une aide thérapeutique afin de reprendre possession de
leur pensée. Ils veulent se sentir libres, puisque souvent après leur sortie du
groupe ils se sentent manipulés, voire poursuivis par la secte.
Les anciens membres demandent également au
thérapeute de les aider à dénoncer publiquement les agissements du groupe
sectaire.
Les cliniciens participants accueillent
cette demande. Ils élaborent donc une problématique individuelle afin de trouver
des solutions aux souffrances singulières de leur client.
Conceptualisation des effets de la vie dans une secte
Pour les auteurs, devenir membre d’une
secte a pour conséquence d’entraîner le viol de l’âme. Lorsque le membre
s’engage dans le groupe sectaire, le groupe lui promet une initiation, une
transformation qui ne s’actualise jamais. Le membre est toujours en attente de
celle-ci. La secte trompe donc le membre en lui promettant l’accès à une
métamorphose. Les auteurs décrivent donc l’engagement dans une secte comme une
capture sectaire.
La secte peut parfois capturer sexuellement
l’adepte. Le leader se sert de l’adepte afin d’assouvir ses fantasmes sexuels.
Dans ce contexte, le thérapeute doit aider le membre sortant à reprendre
possession de son corps.
Pour les auteurs, les membres qui intègrent
un groupe sectaire ne sont pas des êtres psychologiquement fragiles. Les auteurs
trouvent intéressant de penser que c’est la rencontre avec le groupe qui
fragilise le membre.
La secte permet au membre d’entrer en
relation avec une ou plusieurs entités invisibles. La présence de ces entités
organise la vie quotidienne des membres. Le membre partage par exemple son temps
entre la méditation, le prosélytisme, les rencontres de groupes…
Psychothérapie et aspects techniques
Les auteurs ont développé une procédure
thérapeutique afin de comprendre l’histoire de vie des anciens membres ainsi que
de les aider.
Le travail des thérapeutes
Pour les auteurs, l’expérience sectaire
marque l’adepte, il conserve d’ailleurs après sa sortie des objets parasitaires
qui l’empêchent de vivre au quotidien. Ces parasites de l’expérience sectaire
anesthésient le membre, il éprouve de la difficulté à fonctionner au quotidien.
Les parasites sont divers, ils peuvent être des habitudes de vies des croyances,
des craintes.
Le travail de l’intervenant consiste donc à
comprendre l’expérience du membre et la philosophie de son groupe
d’appartenance. Il doit expliciter l’intention cachée du mouvement et ensuite
aider l’ancien membre à se défaire des éléments de son expérience qui bloque son
intégration au monde.
Le thérapeute doit d’abord désactiver les
traumatismes qui continuent à influencer la vie quotidienne des anciens membres.
Pour se faire, les psychothérapeutes doivent parvenir à ce que l’adepte partage
son histoire, afin de reconstruire un récit cohérent de son vécu. Ce travail est
douloureux, l’ancien membre doit se souvenir de chacun des événements de son
expérience. Cette procédure permet progressivement à la personne qui raconte son
histoire de briser l’isolement.
Dans ce contexte, le thérapeute peut
reconnaître les techniques d’influences et les méthodes d’assujettissement
auxquelles a été soumis l’ancien membre. Le thérapeute reconstitue donc les
techniques de capture sectaire et il reconnaît les théories utilisées par le
groupe afin de comprendre la singularité de l’expérience de l’ancien membre.
Enfin, au cours de la thérapie, le
thérapeute doit accompagner le membre à reconstituer les liens familiaux, le
membre sortant se réintègre donc dans la société
L’évaluation de la progression de la thérapie
Afin d’évaluer la progression de la
thérapie, les auteurs notent quelques signes qui permettent de reconnaître la
revitalisation de la personne.
Le membre sortant progresse lorsque sa vie
quotidienne s’enrichit, lorsqu’il est moins craintif et qu’il est capable
d’affronter les difficultés de la vie quotidienne. Le processus thérapeutique a
des effets positifs lorsque le membre sortant renoue avec des activités de la
vie quotidienne, les sorties, les rencontres familiales. Une amélioration peut
également être notée lors que les rêves répétitifs et les cauchemars cessent.
Dans un dernier chapitre, les auteurs
abordent la question de la formation des psychothérapeutes en France. Cette
profession se déroule en l’absence de contrôle extérieur. Pour ces chercheurs,
il est impératif de mettre en place une formation complète et diversifiée, afin
que ces derniers ne deviennent pas les dévots d’une technique thérapeutique.
Deconchy, J.
P., & Bauduin, B. (2003).
Expliquer tout de même l'inexplicable. Appel aux "croyances" :
mise en veille et activation d'un schéma cognitif de type "sectaire."
Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. 3, 2.
23-57.
L’objectif de cette recherche est d’aborder
sous l’angle de la psychologie sociale le fonctionnement sectaire,
particulièrement deux points de ce dernier :
- l’intensité du prosélytisme et des
efforts de recrutement;
- L’étrangeté des nouvelles attitudes et
des comportements des membres en comparaison avec les normes de la culture
environnante.
Selon les auteurs, une démarche
scientifique en psychologie sociale s’attaque au démembrement de son objet
d’étude afin de reconnaître la présence de différents processus qui constitue le
phénomène à l’étude. Le chercheur peut alors étudier l’implication des membres,
l’autoritarisme, l’influence sociale ou les tactiques de séduction.
L’auteur étudie particulièrement dans son
article le traitement de l’information apporté par un message qui vise à
persuader son récepteur que l’impossible est arrivé. Les auteurs se demandent
comme un nouveau membre peut être séduit par le message d’un groupe, un message
qui explique que l’impossible est possible.
Les auteurs posent l’hypothèse que lorsque
des sujets se retrouvent dans une situation incontrôlable et qu'ils sont
confrontés à des données inexplicables, ils utilisent des croyances sauvages
(des croyances qui ne sont pas socialement régulées) afin d’expliquer ses
données inexplicables. Ainsi, il postule qu’une personne à la rencontre d’une
secte est confrontée à un ensemble d’information qu’elle ne contrôle pas,
qu’elle ne comprend souvent pas. Les auteurs croient que dans ce contexte, les
personnes en contact avec la secte utilisent des croyances sauvages afin
d’expliquer ce qu’elles ne comprennent pas.
Les auteurs se sont demandés comment une
personne arrive sur le plan cognitif à traiter un message qui vise à persuader
que l’impossible est arrivé. Ils se demandent également comme la personne
arrive à prendre ce même message au sérieux.
Méthode
La séquence des explications:
- Les chercheurs placent les sujets dans
une situation de contrôle ou de non-contrôle cognitif;
- Ils donnent aux sujets l’histoire écrite
de Louise. Pour certains, l’histoire de Louise comprend une rhétorique
fantastique et pour d’autres une rhétorique factuelle (données objectives)
- demande aux sujet d’expliquer malgré le
caractère inexplicable de la situation la pertinence d’un certain nombre
d’explication.
Les explications choisies par les auteurs
sont de quatre ordres : elles renvoient soit à la physiologie de Louise, soit
aux dispositions ou aux conduites de Louise, soit des explications indirectes,
des hypothèses sur son comportement (parce que Louise est une femme dynamique) ;
soit encore à des croyances.
La population
178 élèves de terminale provenant de 5
lycées parisiens différents ont participé à la recherche. Les jeunes étaient
rencontrés dans une classe où un expérimentateur entrait suivi de 25 jeunes de
25 ans vêtus d’un jean et d’un chandail noir. Chacun des jeunes recevait une
enveloppe. Dans un 1er cas, les 25 jeunes restaient dans un coin de
la classe dans la situation expérimentale qui visait l’activation du schéma
cognitif sectaire les 25 jeunes homme se plaçaient à l’arrière de chacun des
étudiants. Dans une autre situation qui visait la mise en veille su schéma
cognitif sectaire, les deux premières rangés d’étudiants répondaient sans être
surveillées par un jeune homme tandis que l’autre moitié de la classe devaient
répondre en étant surveillé.
Les résultats
Selon la rhétorique utilisé dans le
message, les explications données aux sujets sont évaluées de façon différentes.
Ainsi, les explications qui ne renvoient pas à des croyances sont toujours
évalué positivement lorsque la rhétorique est factuelle plutôt que fantastique.
En ce qui concerne des explications
renvoyant à des croyances , elles sont toujours évalué de façon plus positives
quand le sujet est exposé à une rhétorique fantastique.
Pour les chercheurs l’exposition à une
rhétorique fantastique favorise donc l’appel aux explications relevant des
croyances et elle diminue l’appel à des explications rationnelles. Pour les
auteurs les résultats démontrent que le recours aux croyances pour expliquer un
message inexplicable se produit dans un contexte où les ressources cognitives
des sujets sont diminuées. La personne qui entre en contact avec le message
d’un groupe sectaire peut donc voire ses capacités cognitives diminuées par le
message présenter par le groupe. Ainsi pour mieux comprendre le message, il a
recours à des croyances et non à de l’information critique
Allanic, C. (2003). Aux abords des rives sectaires. Bulle 79
: Discerner les dérives sectaires
Se basant sur un article de Tony Anatrella,
prête et psychanalyste, l’auteur analyse une forme de particulière de
religiosité, soit les groupes dont la philosophie est orienté vers la
sensibilité et les émotions ressenties dans la relation avec Dieu. Au nombre de
ces groupes, les mouvements d’inspiration nouvel âge, certaines thérapies, des
cours de développement personnel ainsi que des médecines dites douces ou
alternatives. L’auteur définit ces groupes comme des mouvements hystériformes.
Pour l’auteur, dans les groupes
"hystériformes" le corps est au centre des pratiques et des croyances. Selon
leurs croyances, l’intervention sur le corps physique peut avoir des effets sur
les corps immatériels comme le corps astral et le corps mental.
Pour l’auteur, les affects et les pensées
peuvent alors subir une conversion hystérique puisqu’ils ont également leur
"corps". Il explique que l’hystérie a pour effet de transformer les difficultés
psychiques en maux physique. Le même phénomène peut également se produire dans
les différents corps immatériels. Ils se somatisent et se
matérialisent à tel point qu’ils deviennent visibles et presque palpables, pour
certains.
Dans ces groupes, les relations entre les
membres sont construites autour d’un registre "maternel". Le membres communique
entre eux par le biais de contacts physiques, par un le langage non verbal. Dans
ce contexte, l’expérience et les exposés émouvants sont privilégiés, les exposés
rationnels n’ont pas leur place dans le groupe.
Pour l’auteur, ce type de fonctionnement
groupal favorise parfois l’émergence de dérives. En valorisant l’expérience et
en niant la réflexion sur celle-ci les adeptes peuvent être plus facilement
manipulés. Pour l’auteur, la nocivité du groupe dépend de l’orientation prise
par le responsable du groupe. Lorsque le groupe favorise l’expérience et la
réflexion, le vécu du participant peut être enrichissant, dans le cas contraire
il peut mettre en péril l’intégrité physique et psychologique de certains
membres.
Dans ces groupes, le langage des émotions
et des sensations est considéré comme bien plus vrai que le langage
verbal. Ce langage ne permet pas de communiquer avec une autre personne, il nie
ou exclu plutôt la présence de l’autre. Dans ce group, la personne peut même se
fermer à la différence des autres. Dans les situations extrême les membres
peuvent même éprouver de la difficulté à s’exprime librement.
Enfin, dans certains de ces groupes, les
adeptes peuvent même présenter des traits voire des symptômes hystériques comme
par exemple une érotisation des relations élève/maître ; une sublimation des
pulsions sexuelles en "Amour universel" ; Idéalisation d’un monde imaginaire au
détriment du monde réel, Identification importante à des personnages réels ou
mythiques : le leader, saint(e)s, personnages célèbres.
Mégalomanie Jusqu'où ?
Dans l’éditorial de cette revue ont se
questionne sur la mégalomanie des gourous. L’auteur (inconnu) décrit la
mégalomanie comme la folie des grandeurs, le désir de la puissance absolue sur
les hommes et sur le monde. Ce trait serait observable chez bon nombre de
gourou.
Deux cas de leader mégalomaniaques sont
présentés ceux de Moon Sun Myung ainsi que celui de Claude Vorilhon dit Raël.
Pour l’auteur, l’organisation d’un congrès scientifique, la création d’une
Corporation pour la construction de l'autoroute internationale à Tokyo ou la
célébration du communisme avec Gorbatchev sont des exemples de tendance à la
mégalomanie de ce gourou.
Pour l’auteur, le fait que Raël possède des
comptes dans les paradis fiscaux, le fait qu’il croit être l’être le plus
intelligent de l’univers et que les membres de son groupe le nomme sa sainteté
sont d’autres signes de sa mégalomanie.
Devant ces deux exemples, l’auteur se
questionne sur la réaction à adopter devant ses gourous. Elle ne donne aucune
réponse à son interrogation.
Le Mouvement raëlien
Le second article de cette revue trace un
portrait de ce groupe et de son leader.
Historique :
Claude Vorilhon dit aujourd’hui Raël
est né en 1946 en France. Journaliste sportif de profession, publie son propre
magazine jusqu’en 1973. Date à laquelle, il rencontre pour la première fois les
Élohim. Cette rencontre lui révèle qu’il est le demi frère de Jésus. Cette
rencontre lui révèle également qu’il est maintenant l’ambassadeur des Élohim sur
terre.
Les Élohim sont
nos créateurs, par leur savoir scientifique ils ont découvert le secret de la
vie éternelle et du bonheur,
L’UNADFI précise
que la philosophie du groupe est organisée autour de la notion d'éternité,
d'évolution.
L’organisation
du groupe selon cette description doit être fait afin d’établir des distinction
entre les humains. Raël propose donc de faire une hiérarchisation des individus.
Les gens doté d’une intelligence supérieur se retrouveraient au sommet de la
hiérarchie et les idiots à la base.
Les adeptes
doivent verser 10% de leur salaire au leader. Les adeptes ne vivent pas en
communauté, ils se retrouvent par contre régulièrement pour participer à des
stages d’éveil, d’initiation à la méditation sensuelle.
Certaines femmes
ont un statut particulier dans le groupe, elles sont nommées "les anges." Elles
acceptent de se dévouer entièrement à Raël.
L’UNADFI
s’interroge dans ce texte sur la place des enfants dans ce groupe notamment sur
la question de leur intégrité physique et intellectuelle. Sur la base du livre
d’Hayat El Mountacir (1990) et de la lecture de publications du mouvement
raëlien, l’UNADFI se demande si la croyance selon laquelle les parents doivent
initier les mineurs à la sensualité ne représente pas un danger pour les enfants
du groupe.
Allanic, C. (2003). Le syndrome d'Ulysse, Bulle 78.
Dans son texte, le psychologue clinicien,
Christophe Allanic compare la relation sectaire à l’aide de la rencontre
mythique d’Ulysse avec les sirènes. Cette métaphore lui permet d’expliquer les
raisons pour lesquels un individu est séduit à un point tel par un groupe qu’il
perd tout sens critique.
Le mythe : Dans la mythologie grecque, les
Sirènes avaient la réputation d'attirer les navigateurs sur les récifs afin de
les dévorer. Ulysse élabore un plan pour contrer l’effet dévastateur de
celle-ci. Il s’attache au bat de son bateau et se rend à la rencontre des
sirènes Elles le complimentent, le félicite et lui promettent de devenir
omniscient. Sous le charme des sirènes, Ulysse attaché à son bateau ne peut se
s’éloigner de leurs charmes. La marré l’éloigne finalement de ces femmes. Un
fois éloigner, le charme est rompu et Ulysse reprend sa conscience, il redevient
maître de lui.
Pour l’auteur, la promesse de l’omniscience
des Sirènes place Ulysse devant son fantasme archaïque de toute-puissance.
Cette promesse entraîne une régression à un point tel que sous l’envoûtement, la
personne ne reconnaît plus la présence des autres. Cet état a pour effet de
créer l’illusion de l’inexistence de la réalité, les contraintes disparaissent
et tout devient possible. L’auteur reconnaît que les adeptes sont initialement
envoûtés par le groupe ou le leader. La personne est séduite par le groupe.
Pour l’auteur, la séduction survient lors de moment de fragilité psychologique
(décès d’un proche, divorce…). Afin de faire face à l’épreuve la personne
régresse narcissiquement. Cette régression a pour effet que la personne
s’éloigne des ses proches et elle ne s’intéresse qu’à elle-même. La personne
revendique alors une plus grande indépendance, la liberté de découvrir sa
mission terrestre...
À ce moment de leur vie, l’auteur reconnaît
qu’une personne peut être sensible aux flatteries des groupes sectaires. Dans
cette rencontre le groupe reconnaît la spécificité de la personne, elle le
valorise. À ce moment, l’adepte croit avoir rencontré une organisation parfaite,
une organisation qui la comprend vraiment. Pour l’auteur, la personne n’a pas
conscience qu’elle perçoit son propre idéal dans le groupe. À ce stade,
l’organisation intègre et submerge la personne dans le projet collectif. Bien
que la secte ne répondent pas aux besoins de l’adepte, le membre a l’impression
de participer à un projet grandiose. Ce projet renvoie la personne à une pensée
archaïque où elle est toute puissante et en fusion avec les autres. Pour
l’auteur cette explication aide a comprendre pourquoi une personne est envoûté
par un groupe sectaire. Il admet toutefois que cette explication ne permet pas
d’expliquer les raisons pour lesquels la personne quitte la secte, pour qu’elles
raison l’envoûtement cesse.
Dilhaire, Catherine, (2003) Le processus de
victimisation dans la trajectoire de vie d'anciens adeptes de groupes sectaires.
Mémoire de Maîtrise, École de Criminologie, Université de Montréal, 158 pp.
Ce mémoire de maîtrise est une étude
exploratoire qui a pour objectif de retracer les mécanismes de victimisation de
trois anciens adeptes de groupes sectaires hindouistes. Bien que cette recherche
soit fait auprès de nombre restreint de membres, elle permet de définir
difficultés vécu dans l’expérience sectaire en des termes différents, soit ceux
de situations problème.
À l’aide du récits de vie de trois anciens
membres l’auteur explore la période de vie marquant l’affiliation au groupe,
l’expérience sectaire, la désaffiliation et la vie après la sortie d’un groupe
sectaire.
Suite à l’analyse des récits de vie des
anciens membres rencontrés, l’auteure conclue que le fonctionnement des groupes,
en particulier les normes qui régissent la vie en communauté fermé constituent
un contexte favorable à l’émergence de situations problèmes.
Les situations problème lié à l’expérience
sectaire : l’auteure se basse sur la définition de Pires (1995) pour définir ce
concept. Ainsi elle entend par situation problème "le fait que pour au moins
un acteur une situation donnée est vécue ou perçue comme créant un problème ou
comme étant négative, inacceptable ou indésirable."
Dans l’analyses du discours trois anciens
membres de sectes hindouistes, l’auteure observe que bien que l’affiliation au
groupe soit initialement perçue comme un événement positif, la définition de cet
événement devient problématique avec le temps. Les membres s’engagent dans un
groupe, tout en ne pouvant prévoir les conséquences de leur implication. Le
contrôle interne dans le groupe créé toutefois de nombreuses situations
problèmes :
- Le détachement, le renoncement aux liens
familiaux est problématique pour Rachel. Intégré à l’age de cinq ans avec ses
parents dans une secte Hindouiste, une ancienne adepte expérimente une série
de situations problématiques, par exemple la séparation de l’enfant avec ses
parents, la perte de bien matériel et l’isolement avec le monde extérieure.
- Pour une autre personne, le détachement
devient problématique puisqu’il la coupe de tout contact avec le monde
extérieur comme les journaux, la radio ou la télévision, ce qui a pour effet
une perte progressive de repère temporel.
- Des situation problème émergent
également liées au cadre de vie ascétique: la promiscuité, la répression de
besoins de base dont la sexualité, les périodes de sommeil insuffisante et la
surcharge de travail sont quelques-unes d’entre elle.
Selon l’auteur le style de vie contraignant
des adeptes, l’obligation de respecter de nombreuses normes a pour effet de
neutraliser ainsi que de maintenir l’affiliation des membres au groupe.
Pour deux participants, les normes strictes
de son groupe d’appartenance le conduit à la transgression des interdits. Dans
ce contexte de vie ascétique, la transgression et la distanciation des normes
permettent aux membres d’évacuer leurs frustrations et d’assurer leur
affiliation au groupe.
Le replie sur soi et l’endurcissement sont
utilisés comme stratégie d’adaptation par deux membres de l’échantillon afin de
faire face aux situations problèmes.
Lorsque la vie dans le groupe est
insupportable les membres essaient de modifier leur situation. Dans se début de
processus de désaffiliation plusieurs situation problème sont rapportées par les
trois participants. Il se produit une problématisation de l’expérience sectaire,
des situations perçues dans le groupe comme positives sont réinterprétées en
termes d’abus.
Les membres essaient de mettre en place
tant dans le groupe qu’avec des acteurs extérieurs des solutions afin de régler
leur situation problématique. Ils essaient soit d’être transférée dans une autre
communauté, de négociation avec les autorités, ils peuvent transgresser
certaines normes groupales.
Le processus de désaffiliation est
progressif pour les trois membres rencontrés. Pour deux participantes, il
survient rapidement après l’entré dans le groupe et pour un autre participant,
il s’enclenche une année après son intégration. Il se produit un mouvement de
va et viens d’entré et de sortie dans le groupe. La désaffiliation et d’abord
physique et ensuite psychologique. Ainsi, la personne quitte le groupe et avec
le passage du temps se détache de son idéologie.
Pour deux membres, la perte de contact avec
devient problématique. En fait, pour ces deux anciens membres, le détachement
est plus pénible lors de la désaffiliation avec le groupe que lors de la
conversion.
Lors de la sortie, les membres éprouvent de
la difficulté à s’intégrer dans la société. De nombreux problèmes surviennent
sur les lieux de leur travail ou encore à l’école. Les trois participants ont
tous vécu après leur départ du groupe des périodes crises, d’angoisse, de honte
et de culpabilité.
L’auteur conclu que ces membres ont été
lésés dans leurs droits fondamentaux.
Bobin, Alice. (2003). Victimes de sectes: des manipulations
mentales aux soins. Mémoire de Maîtrise, l’Universitaire de Victimologie de
l’Université René Descartes, Paris 5.
La communication réussie présuppose
l’existence d’enjeux communs entre les interlocuteurs. L’échange existe entre
l’individu et la secte, pendant la période de recrutement notamment, mais les
enjeux qui le motivent ne sont pas partagés par les 2 parties. D’un côté le
manipulateur connaît l’enjeu de l’échange: faire adhérer, pour y parvenir il
mobilise différentes techniques et notamment les moyens du langage. De l’autre
côté il y a le futur adepte qui ne perçoit pas la malveillance du premier parce
qu’elle n’est nulle part étayée par des indices et qui dans sa confiance
excessive ne demande qu’à croire aux propos qui lui sont soumis. L’abus de
pouvoir, le déni de l’altérité font ici leurs premiers pas et le sujet commence,
sans le savoir, sa transformation en être non pensant, en objet manipulable à
souhait.
Boissard, Marianne. (2003). L’Étau Sectaire. Mémoire de
Maîtrise de l’Universitaire de Victimologie de l’Université René Descartes,
Paris 5.
Depuis les années 70 nous constatons une
expansion et une banalisation de l’ emprise des sectes sur la société. Elles
accueillent des adeptes de toutes catégories socioprofessionnelles, leur
discours séducteur et facile d’accès attirent des personnes confrontées à des
conflits relationnels, familiaux et professionnels. Les nouveaux adeptes ont
l’illusion de s’épanouir, d’accéder à des connaissances réservées à une élite,
de s’élever voire de devenir des surhommes. Les limites de la condition humaine
sont alors refoulées, le gourou leader de la secte est investi d’un savoir et
d’un pouvoir supra humain par les adeptes qui se soumettent à son autorité
Les Groupes Religieux et Comportement Violent
Dans les deux textes résumés les auteurs
(2003) essaient de comprendre les éléments qui peuvent entraîner un groupe à
recourir à la violence. Le texte de Pelland et Casoni (2003) se veut le début
d’un conceptualisation du lien entre secte religieuses et terrorisme, tandis que
le texte de Casoni et Brunet (2003) présentent un modèle théorique expliquant le
recours au terrorisme dans les groupes qui s’organisent autour d’une philosophie
de survie.
Casoni, D, & Brunet, L. (2003). Philosophie groupale et
action terrorisme. In Dianne Casoni & Louis Brunet (Eds.), Comprendre l’acte
terroriste. Montréal: Les Presses de l’Université du Québec à Montréal,
pp.78-92.
Dans cet article, les auteurs présentent
l’idée selon laquelle la poursuite d’un idéal commun est un facteur déterminant
dans la naissance de comportement d’une extrême violence. Pour eux, la force de
l’attrait de l’idéal peut entraîner des individus "ordinaires" à commettre des
actes d’une extrême violence voire même des actes terroristes.
Dans un article intitulé "The Relation of
group philosophy to different type of dangerous conduct in cultic groups" et
paru dans le Cultic Studies Journal (2000), Casoni présente un modèle de
quatre philosophies groupales qui conduit à quatre types différents de conduites
dangereuses.
L’article traite particulièrement de la
philosophie de survie. Dans ce groupe, il y a un une opposition et un clivage
constant entre nous, les membres du groupe et eux tous ceux qui ne fond pas
partie du groupe. La maxime du groupe devient "si vous n’est pas avec nous, vous
être contre nous." Le monde extérieur est donc défini comme dangereux. Les
leaders et les membres de ces groupes craignent d’être agressé par l’extérieur.
Les auteurs présentent quelques
caractéristiques de groupe avec une philosophie de survie. Ils précisent que ce
sont ces groupes qui sont le plus susceptible de recourir au terrorisme.
Le leader d’un groupe organisé entre
autre autour d’une philosophie de survie est décrit comme un demi-dieu par les
membres. Il est le seul maître dans le groupe, il prend souvent seul les
décisions importantes dans le groupe. Dans certains cas, le contrôle du leader
sur les membres est tellement important qu’il détient un pouvoir de vie ou de
mort sur les adeptes.
Les membres se soumettent
entièrement à l’autorité du leader, puisqu’ils se sentent privilégier d’être
associés à un si grand chef.
La parole du leader, on interprétation de
texte sacré est plus importante dans ses groupes que la doctrine écrite.
Les groupes organisés autour d’une
philosophie de pureté cherchent à s’établir dans un lieu isolé. Il se protège
ainsi de ses ennemis.
Dans ces groupes les lieutenants du leader
peuvent lutter les uns contre les autres afin d’obtenir une position
prestigieuse dans le groupe. La dévotion des membres les plus prestigieux est
souvent remise en questions par le leader. Cette catégorie de membre doit don
fréquemment prouver au leader leur soumission ainsi que leur investissement dans
le projet commun du groupe.
Nous pouvons nous demander les raisons pour
lesquelles une personne maintien son affiliation à un tel groupe?
Pour les auteurs, le clivage nous/eux
s’accompagne d’un projection sur eux des composantes psychologique vécues comme
indésirable, ainsi le clivage et la projection permettent aux membres de se
débarrassé des éléments indésirables et ainsi de se sentir purifier.
L’utilisation importante du clivage et la projection dans les groupes sectaire a
pour effet de minimiser la capacité des membre a exercer leur jugement critique,
ainsi que d’enclencher un processus d’idéalisation.
Le processus d’idéalisation est décrit par
les auteurs comme la tendance de ces derniers à concentrer leur investissement
libidinaux et narcissique sur un leader, une doctrine ou un mouvement
politique. L’idéalisation s’accompagne également d’un mouvement identificatoire
qui entraîne une gratification narcissique, la personne donc soumis ;a un leader
perçu comme grand, se définit également par son identification à ce dernier
comme une personne plus grande, plus forte. Dans un tel groupe, les membres
entretiennent donc le sentiment qu’ils font partie d’une communauté d’initié.
Dans cette relation entre un leader et des adeptes, l’idée même de se séparer
est impensable.
Pour ces auteurs la relation leader adepte,
ou membre terroristes ne s’expliquent donc pas par une théorie de
l’endoctrinement, mais plutôt par un cheminement d’identification et
d’idéalisation progressifs. Dans ces groupes, l’idéal du groupe devient un
projet commun que les membres doivent accomplir. La réalisation du projet commun
peut donc être exigé dans l’immédiat et ce peut importe les conséquences.
Lorsque les membres et le leader d’un groupe considèrent essentiel la
réalisation du projet commun pour leur équilibre narcissique, les dénouements
violents deviennent souvent inévitables.
Pelland, M-A, & Casoni, D. (2003). Le recours au terrorisme
par les sectes religieuses. In Dianne Casoni & Louis Brunet, Comprendre
l’acte terroriste. Montréal: Les presses de l’Université du Québec à
Montréal, pp.51-69.
L’article aborde la question du lien
existant entre terrorisme et secte religieuse. Se basant sur une revue des
écrits tant sur le terrorisme que sur le fonctionnement des groupes sectaire.
Cet article jette un éclairage sur le fonctionnement interne des sectes
religieuses afin d’isoler les éléments qui peuvent conduire les sectes à
recourir aux terrorisme.
La relation entre le leader et l’adepte est
identifiée comme un élément clé dans le choix d’une secte religieuse à recourir
à la violence voire au terrorisme. Dans ce contexte, la relation leader-adepte
est définie comme une relation d’interdépendance. Le leader ressent le besoin
d’être idéalisé par les membres, d’être perçu comme l’élu. Les membres éprouvent
tant qu’à eux le besoin de s’associer à un individu perçu comme grandiose. La
rencontre entre ces deux acteurs comble initialement leurs besoins respectifs.
Toutefois avec le temps la dépendance réciproque du leader et de l’adepte les
conduits dans une relation problématique. Le leader désirant continuellement
des preuves de la loyauté et de la dévotion des membres de son groupe et
l’adepte désirant maintenir la relation accepte continuellement de prouver leur
dévotion. Dans des cas extrêmes, les adeptes peuvent donc utiliser la violence
de prouver au leader sa dévotion. Dans certains cas la violence est utilisée
contre les membres ou parfois contre des ennemies du groupe. Dans ce contexte,
le terrorisme peut être décrit comme une alternative acceptable par les membres.
L’identité et la cohésion sociale du groupe
peut également conduire à la commission d’acte de violence voire d’acte
terroriste. Lorsqu’une personne devient membre d’un groupe, elle se construit
une identité liée à sa participation à la vie de ce groupe. Cette appartenance
lui procure un sentiment de valeur. Lorsque l’identité des membres du groupe est
mise en doute, lorsque le projet commun au membre est mis en péril par une
autorité extérieure, certains membres peuvent recourir à la violence afin de
protéger l’intégrité du groupe. L’acte terrorisme peut être dans ces cas extrême
une solution envisagée par les membres, particulièrement lorsque le groupe
perçoit la menace externe comme incontrôlable.
Selon l’analyse des auteurs, la philosophie
groupale peut également être un élément clé dans l’acceptation et l’utilisation
du terrorisme par des sectes religieuses. Un groupe qui partage une philosophie
de survie, qui critique toute personne qui n’est pas membre du groupe, pourra au
terme d’un long processus d’affrontement utiliser la violence afin de se
débarrasser de l’ennemie.
La vision manichéenne du monde peut dans
certains cas favoriser l’adoption de comportements de plus en plus
ethnocentrisme voire racisme et violent envers les non membres. Lorsque les
ennemis du groupe sont défini comme des être inférieurs l’acte de violence peut
alors être perçue comme sans conséquence puisque l’autre n’a aucune valeurs.
L’idée millénarisme peut également être un
facteur qui influence les groupes à recourir au terrorisme. L’acte d’une extrême
violence devient alors le déclenchement de l’apocalypse, l’acte qui déclenche la
catastrophe finale.
Cet article se veut un point de départ pour
une réflexion sur les éléments internes aux sectes religieuses qui influencent
le recours à la violence.
Définir la secte
Trois études portant sur les
représentations sociales de la secte, des religions et des parti ont été publié
au cours de cette année.
Elles concluent que dans la société
française contemporaine, la définition de secte est synonyme de groupe
problématique qui contrevient parfois aux droits et libertés de leurs membres.
Elles observent également la comparaison de la notion de secte et d’église son
similaire. Toute deux étant décrites comme des organisations qui se
reconnaissent détenteur d’une vérité et dont les membres se réunissent autour
d’une figure d’autorité. La secte contrairement à l’église exige un haut niveau
de conformité aux normes groupales.
Rouquette, M.-L. (2003). Éléments pour une théorie minimale
des sectes. Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires.
Vol 3, 2. 9-22.
Cette recherche traite de la question de la
définition attribuée au terme. Pour l’auteur, il est réducteur de définir le
terme secte uniquement en spécifiant que ces groupes exploitent leurs membres.
La conceptualisation de la secte comme la réunion de citoyens abusés et de
leader malveillant laisse sous silence l’aspect dérangeant de la secte. Elle ne
précise pas que les sectes sont des groupes perçues comme étranges, des groupes
aux croyances décrites comme inquiétante.
Pour l’auteur, la définition du terme secte
est parallèle avec la notion de rumeurs. En fait, les éléments utilisés pour
définir ces deux termes ne permettent pas de comprendre et identifier les
groupes qui sont des sectes ou qu’est ce qu’une rumeur. Pour l’auteur, le fait
de décrire les composantes d’une secte (extravagance des croyances, chef
charismatique, dépendance des membres), ne permet pas de comprendre ce qu’est
une secte.
Pour l’auteur, définir la notion de secte
implique également que compréhension du terme croire. Dans la perspective de
l’auteur, l’action de croire doit être comprise le fait de s’assurer avec un
groupe d’une intelligence commune du temps, peut être du monde et s’assurer du
partage à moment fixe d’émotion. Ainsi, croire ne doit pas être entendu comme
l’action d’accepter la vérité formulée par un leader. Sous cet angle, l’auteur
décrit la secte comme la réunion d’un petit nombre de membre dans un contexte où
le groupe se forme dans une atmosphère de persécution, de réaction sociale.
L’auteur postule que la secte doit être
définie sur la base des formes de sociabilités présentent dans le groupe, selon
les modes de communication du groupe, ainsi que par les structures de
connaissances particulières au groupe.
Pour l’auteur, les groupes nommées sectes
ont en communs trois éléments : La persistance, la présence de missionnaire et
commissionnaire et la section. Voici une brève explication de celles-ci.
La persistance:
le problème de la secte s’explique d’abord par le fait que malgré les tentatives
du monde extérieur les membres du groupe se détachent difficilement de cette
appartenance. Malgré des prophéties non réalisées, les membres maintiennent leur
engagement. Pour l’auteur, les membres maintiennent leurs liens avec le groupe
parce qu’ils n’ont pas besoins que les croyances soient démontrées pour qu’ils
croient en elles. La croyance partagée par les membres du groupe est un vérité
acquise, elle n’est pas étayée par la raison mais pas l’émotion. Dans ce
contexte, les incohérences n’affectent pas les croyants.
Missionnaire et commissaire
chaque organisation sociale crée des rôles aux membres que l’auteur qualifie
d’outils de gestions de l’implication des participants. Dans une secte, il
existe deux rôles particuliers, le missionnaire et le commissaire. Le
missionnaire a pour but de donner des références aux membres, celles-ci:
- Permettent aux membres de s’identifier
au groupe et de distinguer les membres des non membres;
- Permettent la valorisation de l’enjeu,
de définir ce qui est important de ce qui est accessoire;
- Permet de définir les possibilités de
l’action des membres. Le missionnaire a donc pour rôle de proposer une
mission aux membres.
Le missionnaire amène ainsi le « future
membre » à reconnaître l’importance de l’attention que lui porte le groupe dans
sa vie. Le missionnaire doit faire en sorte que sont discours soit le reflet de
la réalité que perçoit le future membre, il doit se reconnaître dans le discours
de l’autre. Pour l’auteur, cette stratégie est à la base de la démocratie et de
l’économie. La secte utilisent les mêmes stratégies de propagande que d’autres
groupes, elle essaie de dire ce que les gens pensent, ressentent.
Ainsi une fois le rôle du missionnaire
accomplie et le membre introduit, le rôle du commissionnaire commence:
l’encadrement du membre. Le commissionnaire veille donc à assurer l’orthodoxie
du groupe.
La section:
le terme secte doit inclure dans sa définition la notion de rejet. La secte par
sa création essaie de se distinguer du reste du monde. La secte est donc un
groupe contestataire. La secte se coupe pour exister. Elle a besoin d’une
opposition pour lui donner sa consistance relationnelle. Le missionnaire essaie
de maintenir cette opposition d’amener la confrontation, afin de donner au
commissionnaire la motivation de se sentir concerner de maintenir l’opposition
et ainsi d’obéir aux règles afin de conserver l’aspect différent du groupe.
Masse, L., Richardot, S., & Stewart, I. (2003). Comparaison
des représentations de trois formes de groupement idéologiques: La secte, la
religion et le parti politique. 3, Psychologie et société. Logique sociale des
phénomènes sectaires. 2. 58-92.
L'objectif de cet article est de comprendre
comment s'organise et s'articule structurellement la représentation sociale de
la secte comparativement à deux autres formes de groupements idéologiques: la
religion et le parti politique.
Afin de mieux comprendre le concept central
de ce texte, les représentations sociales, voici une courte définition
utilisée. Les auteurs utilisent la définition de représentation sociale définit
par Moscovici (1961). Une présentation sociale est un ensemble de données qui
permettent d’organiser le réel. Une représentation sociale peut être constitué
de croyances, d’informations, d’opinion et d’attitude concernant un sujet
spécifique.
Pour les chercheurs, il est intéressent
d’identifier la représentation sociale de la secte parce que:
- La représentation de la secte est en
cours de construction, sa définition subit depuis les dernières décennies des
transformations constantes. Les sectes en tant que phénomène social n’est pas
nouveau, mais pour l’auteur il est intéressant de d’étudier les acteurs qui
influencent la représentation.
- Parce que cette notion n’est jamais
utilisée par les groupes eux-mêmes pour ce décrire, mais par les groupes
antisecte.
Les chercheurs s’interrogent alors sur les
rapports entre secte, religion et parti politique. L’auteur pose dans ce sens
trois questions particulières
- Face à l’ampleur du phénomène sectaire
la secte partage telles davantage de traits avec une religion ou un parti
politique ?
- Quand dit on d’une groupe religieux
qu’il est une secte ?
- Les motifs invoqués pour qualifier un
groupe religieux ou un groupe politique de sectaire sont-ils identiques ?
Échantillon
Sujets: 393 étudiants en sciences sociales
de 1er et de 2e cycles.
Matériel et procédure
Pour comprendre l’articulation structurelle
de secte-religion-parti politique, les chercheurs présentent aux étudiants des
caractéristiques qui peuvent décrire chacun de ces groupes.
Après une recherche approfondie dans les
écrits scientifiques, des critères descriptifs ont été sélectionnés. Ces
critères concernaient le recrutement, le financement, l’organisation et la
politique du groupe, les objectifs et les pratiques, la libertés d’expression et
d’action, les rapports entre les membres du groupe et les rapports aux autres
groupes.
De cette liste, les étudiants devaient
sélectionner les caractéristiques qui permettaient de décrire chacun des
groupes. Ils devaient de sélectionner, parmi un ensemble de critères, ceux qui
leur paraissaient les plus pertinents pour définir une secte versus une religion
versus un parti politique (questionnaire de caractérisation avec choix par
blocs). Ensuite, les étudiants devaient évaluer chacun des critères selon leurs
degrés d'admissibilité morale.
Résultat
L'analyse des résultats montre que la secte
s'apparente davantage à la religion qu'au parti politique.
Les sujets décrivent plus la secte comme un
groupe qui porte atteinte aux droits et libertés des membres que les religions.
Une religion et un parti politique sont
décrits comme sectaire lorsqu'ils ont des aspects totalitaires.
Ils reconnaissent que la mentalité de
séparation entre le "nous" et le "eux" est perçu comme négative lorsqu’elle
décrit une secte ou une religion, mais positivement lorsqu’elle décrit un parti
politique.
Selon les catégories sélectionnées pour
chacun des 3 groupes, le profil de la secte se conforme d’avantage au modèle de
religion que de parti politique.
Dans la secte et la religion, les
dirigeants sont décrit comme possédant les réponses aux es questions
existentielle.
Ils reconnaissent que le groupe essaient de
faire connaître leur vision du monde et de la transmettre à de nouveaux membres
potentiels. Tant la secte que la religion, se mobilisent autour d’une figure
centrale. Chacun de ces mouvements ont besoin de l’argent pour survivre.
Trois traits opposent toutefois la secte et
la religion: l’exigence de la conformité au groupe est uniquement utilisé pour
définir la secte et la proposition de l’accomplissement d’une tâche noble et
humaniste est l’apanage des religions.
La secte et le parti politique n’ont en
commun que deux trait : la mobilisation autour d’une figure centrale et la
mobilisation autour d’une distinction ente le nous et le eux.
La structure de représentation de la secte :
La représentation de la secte se structure
autour de la pratique de rassemblement, des chants, des rituels qui renforcent
les liens entre les membres. Ensuite les élément qui permettent le plus de
définir une secte son l’autoritarisme et la manipulation de l’adepte. La secte
apparaît donc comme un groupe clos qui gravis autour d’une figure centrale qui
détient la vérité. La secte est perçue comme négative puis qu’elle est au
centre de plusieurs polémiques sociales.
La représentation de la secte est aussi
similaire à des groupes dont le fondement philosophique ou religieux est
incontestable, elle se distingue toutefois selon les étudiants par le danger
qu’elle représente pour l’intégrité physique et psychologique des membres.
La secte est une représentation en cours de
définition puisqu’elle apparaît moins bien structurer que la religion ou le
parti politique. Les réponses des étudiants varient plus lorsqu’ils décrivent la
secte que lorsqu’il décrivent la religion ou le parti politique.
De Piccoli, N., Beggio, V., & Tartaglia, S. (2003). Nouveaux
mouvements religieux et groupes politiques: L'abstraction linguistique dans la
présentation de l'in-group et du contexte. Psychologie et société. Logique
sociale des phénomènes sectaires.3, 2. 93-115.
Dans cet article, l’auteur compare l'auto
présentation sur Internet de sectes et de partis politiques.
Partant des travaux sur les représentations
sociales de Farr et Moscovici (1984), les auteurs reconnaissent que les
idéologies propre à un groupe ainsi que leur représentations sociales
constituent des discours qui ont pour fonction cognitive de construire et
structurer la reproduction de la réalité. Les représentations sociales
permettent de figurer le monde, de communiquer, d’interprétation et d’orienter
les comportement des membres d’un même groupe. Elles permettent de fonder un
ordre social et de créer un sentiment de cohésion entre les membres.
Le but de cet article est donc d’analyser
le discours de groupe politique et de sectes afin de saisir leur démarche de
présentation et de propagation de leur système de valeur. Les chercheurs
formulent trois questions de recherche:
- Quelle est l’image interne que les
groupes veulent présenter lorsqu’ils s’adressent à un large publique;
- Quelle est le rôle de la comparaison
intergroupe dans les textes d’autoreprésentation?
- Quelles sont les différences
d’attribution et d’inférence dans le discours des sectes lorsque celui-ci
réfère à un acteur extérieur?
Méthodologie
Huit partis politiques (2 de gauche, 2 de
centre gauche, 2 de centre-droite, 2 de droite) et huit nouveaux mouvements
religieux qui ne font pas l’objet de controverses et dont les documents du
groupe sont disponible sur internet composent l’échantillon des chercheurs.
Le Linguistic Category Model (Semin et
Fiedler, 1988, Semin 1995) est utilisé afin d’analyser les données recueillis.
Résultats
Les partis politiques construisent des
discours abstraits en utilisant plus d’adjectif ainsi qu’en mettant l’accent sur
les caractéristiques disproportionnelles. Les sectes ont un niveau
d’abstraction inférieure avec une plus grande présence de verbe d’état dans
leurs textes de présentation.
Lorsqu’ils présentent leurs valeurs les
sectes utilisent des catégories linguistiques concrète tandis que les partis
politiques utilisent plus des termes abstraits.
Les partis politiques se comparent à leurs
adversaires. La description de l’adversaire occupe une place importante dans
leurs discours.
La secte se préoccupe peut de définir les
autres groupes sectaire dans leur documentation, elles décrivent toutefois les
valeurs et la philosophie du groupe sous plusieurs angles.
Il apparaît que les sectes accentuent le
caractère concret de leurs principes fondateurs et valorisent leur histoire,
tandis que les groupes politiques soulignent surtout la qualité de leurs
principes, en comptant sur la présentation de leur histoire pour montrer le
caractère concret de leur action.
Bien que plusieurs chercheurs notent
l’importance dans les sectes de la distinction entre eux et nous, les textes
disponibles sur l’interprète ne le reflètent pas cette perspective.
Les sectes ne décrivent pas dans leurs
documents de présentation la séparation entre le groupe et le reste du monde.
Les textes ne mettent pas l’accent sur les différences avec l’extérieure. Pour
l’auteur, l’objectif de la secte est de séduire le lecteur, ainsi afin d’éviter
de choquer le lecteur, elles s’abstiennent de marquer une coupure radicale avec
le monde sociale.
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